Une publication virale accusant Samuel Mvondo Ayolo, directeur du Cabinet civil de la Présidence, de se livrer à des « arnaques » autour du remaniement ministériel était en réalité une opération de diffamation soigneusement orchestrée. Selon des informations exclusives, les textes incriminés auraient été rédigés par Atangana Manda, une proche de Mvondo Ayolo, puis transmis à des relais médiatiques pour publication. Objectif : salir l'image du directeur de Cabinet civil et le présenter comme un faiseur de ministres corrompu.
C'est une affaire qui révèle les coulisses d'une guerre de communication au sommet de l'État. La publication, largement relayée sur les réseaux sociaux, accusait Samuel Mvondo Ayolo, directeur du Cabinet civil de la Présidence de la République, de se présenter comme « l'architecte d'un hypothétique remaniement ministériel » et de monnayer des promesses de nomination. Elle affirmait notamment que Mvondo Ayolo aurait confié à des proches détenir « les pleins pouvoirs » du chef de l'État pour composer la nouvelle équipe gouvernementale, et qu'il comptait « régler ses comptes » avec plusieurs poids lourds du régime, cités parmi les prétendants à la vice-présidence : Louis Paul Motaze, Ferdinand Ngoh Ngoh, Joseph Dion Ngute, Paul Atanga Nji.
Selon les informations recueillies, cette publication ne repose sur aucun élément matériel vérifiable. Elle émanerait d'un réseau de communication visant à déstabiliser Mvondo Ayolo en le présentant comme un manipulateur cherchant à s'enrichir sur le dos de candidats à des postes. Le document, présenté comme une enquête, aurait été rédigé par Atangana Manda, une proche du directeur du Cabinet civil, avant d'être transmis à des médias complaisants pour publication.
L'objectif serait double : d'une part, créer un climat de suspicion autour de Mvondo Ayolo et de ses fonctions ; d'autre part, alimenter les spéculations sur le remaniement ministériel en désignant des cibles — les ministres cités — comme des adversaires à abattre. Une manière de semer la zizanie au sommet de l'État tout en salissant l'image d'un proche collaborateur du président.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de vives tensions au sommet de l'appareil d'État. Depuis la révision constitutionnelle d'avril 2026, qui a introduit le poste de Vice-Président de la République, les luttes d'influence se sont intensifiées. Le poste reste vacant, et chaque camp cherche à positionner ses pions.
Samuel Mvondo Ayolo, directeur du Cabinet civil depuis 2018, est perçu comme un homme influent dans la gestion des dossiers nominatifs. Son nom est régulièrement cité dans les spéculations sur les remaniements à venir. Sa proximité avec le président Paul Biya et son rôle dans la coordination des dossiers sensibles en font une cible de choix pour ceux qui cherchent à affaiblir son influence.
Le journaliste et lanceur d'alerte Paul Chouta, déjà visé par un mandat d'arrêt émis le 10 mars 2026 pour des faits de complicité d'escroquerie et de diffamation, apparaît comme l'un des relais de cette campagne. Selon nos informations, il aurait diffusé la publication sans en vérifier la provenance ni le contenu, participant ainsi à une opération de diffamation contre Mvondo Ayolo.
Cette affaire rappelle l'épisode de l'affaire Martinez Zogo, où Paul Chouta avait déjà été accusé de diffuser des informations non vérifiées. En 2026, il avait affirmé que le nom de Laurent Esso, ministre de la Justice, était apparu dans l'enquête sur l'assassinat du journaliste, ce que le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo avait formellement démenti devant le Tribunal militaire.
Contacté, l'entourage de Samuel Mvondo Ayolo n'a pas souhaité commenter ces révélations. Mais plusieurs sources proches du dossier confirment que le directeur du Cabinet civil envisage de saisir la justice pour diffamation. Une plainte pourrait être déposée dans les prochains jours contre les auteurs et les relais de cette publication.









