Actualités of Friday, 23 October 2026
Source: www.camerounweb.com
Un projet de remaniement ministériel qui aurait concerné 34 membres du gouvernement aurait été soumis au président Paul Biya le 14 septembre 2026 par Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la République. C’est ce qu’affirme le capitaine Effoudou, reçu par le journaliste Morgan Palmer. Il évoque des manœuvres au sommet de l’État pour écarter plusieurs hauts responsables de l’appareil gouvernemental.
Selon les déclarations de l’ancien officier, cette liste aurait notamment visé Grégoire Owona, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Joseph Beti Assomo, chargé de la Défense, Laurent Esso, ministre d’État en charge de la Justice, ainsi que Samuel Mvondo Ayolo, directeur du Cabinet civil de la présidence. D’autres responsables, notamment dans les secteurs de l’éducation, auraient également figuré parmi les personnalités concernées.
Des notes de renseignement pour fragiliser des ministres ?
Le capitaine Effoudou affirme que Ferdinand Ngoh Ngoh aurait demandé à Gallax Etoga de préparer des notes de renseignement sur certains des responsables visés. L’objectif aurait été de les discréditer auprès du chef de l’État afin de faciliter leur éviction du gouvernement.
D’après son récit, ces documents auraient présenté certains ministres comme déloyaux ou conspirateurs, tandis que d’autres auraient été accusés d’entretenir des relations avec des hommes d’affaires controversés. Ces éléments, tels que rapportés par l’ancien officier, auraient ainsi servi à alimenter les appréciations présidentielles sur les personnalités susceptibles de quitter le gouvernement.
Effoudou retourne les accusations contre leur présumé initiateur
Dans son intervention, le capitaine Effoudou ne se contente pas de mettre en cause le secrétaire général de la présidence. Il conteste également la légitimité de cette démarche, estimant que Ferdinand Ngoh Ngoh devrait lui-même être concerné par les accusations portées contre certains membres du gouvernement.
« Le premier bandit, c’est lui-même », lance-t-il, dans une déclaration particulièrement virulente. Il affirme également que son propre nom aurait pu figurer parmi les personnes concernées, sans préciser davantage les circonstances.
Ces propos traduisent la gravité des accusations formulées et les tensions que l’ancien officier décrit au sein des cercles du pouvoir.
Des rivalités au sommet de l’État en toile de fond
Cette sortie intervient dans un contexte où les spéculations autour d’un remaniement ministériel et les rivalités au sommet de l’État alimentent régulièrement le débat public camerounais. Le rôle du secrétaire général de la présidence dans la préparation des dossiers soumis au chef de l’État est institutionnellement établi.
À ce stade, les déclarations rapportées ne permettent pas d’établir si le projet de remaniement évoqué a effectivement été soumis dans les conditions décrites, ni si les 34 personnalités citées ou visées figuraient sur une liste officielle. Aucune réaction des responsables mis en cause n’est rapportée dans le témoignage fourni.