Jeune Afrique a recueilli le récit de Francis Enwe sur les tentatives de dialogue dans la crise anglophone. Le magazine précise que ce sont ses déclarations, sans contre-version des autorités ou des séparatistes dans l’article.
Selon le sénateur cité par Jeune Afrique, il avait vu venir la crise. Connaissant la diaspora d’Afrique du Sud, très engagée politiquement, il aurait dit à la jeunesse de son département de ne pas combattre le gouvernement. Il affirme avoir rencontré le gouvernement et le Premier ministre de l’époque, Philémon Yang, et participé à des travaux à l’Assemblée nationale sur les revendications anglophones : une réunion de huit heures pour produire un document transmis à Paul Biya. Le chef de l’État aurait, dit-il, accepté certaines propositions et rejeté d’autres, avant que « tout explose ».
Pour Jeune Afrique, l’élu estime que les leaders de la diaspora sont devenus de plus en plus violents, et que les mensonges sur les réseaux sociaux ont anéanti les efforts. C’est son analyse, que le magazine rapporte.
Le magazine relate ensuite son rôle dans le grand dialogue national d’octobre 2019. Selon Francis Enwe, Yaoundé devait accueillir un maximum de leaders séparatistes, y compris des chefs de groupes armés qu’il juge radicalisés. Il affirme que le gouvernement, y compris le chef de l’État, a « tout fait pour que ça marche », mais que certains groupes ont refusé de venir. Jeune Afrique relève que le débat sur la forme de l’État, fédéraliste ou unitaire, a été retiré du programme, tandis que les discussions ont abouti à une loi sur la décentralisation, que le sénateur défend comme une « vraie décentralisation ».
Jeune Afrique rapporte enfin ses actions récentes : depuis son élection au Sénat en 2023, il multiplie rassemblements publics et tournées communautaires autour de Widikum pour inviter les séparatistes cachés en forêt à déposer les armes. Il cite une première reddition médiatisée en octobre 2024 et une autre en août 2025, issues de « mois de négociations ». Selon lui, le gouvernement, et notamment le Premier ministre Joseph Dion Ngute, soutient le processus mais manque de moyens. Le magazine précise qu’il a listé des recommandations : construction d’écoles, d’hôpitaux et de routes, désarmement et réintégration des combattants, amnistie pour les séparatistes repentis. Et il conclut en se demandant s’il sera davantage entendu qu’en 2019.









