Le Cameroun a atteint son objectif de recrutement de 18 000 enseignants. La bataille suivante consiste à transformer chaque acte de recrutement en matricule, salaire et présence durable en classe.
Le recrutement ne devient un emploi public réel qu’au moment où l’enseignant reçoit son matricule et son salaire. Une mission de la Banque mondiale menée en décembre 2025 a constaté que 12 116 des 16 260 enseignants des cinq premières vagues étaient immatriculés et payés, soit 74,51 %.
Il restait donc 4 144 recrues, environ une sur quatre, sans accès complet à la solde au moment de l’évaluation. La sixième vague a ensuite ajouté 3 362 instituteurs et enseignants du préscolaire, portant le programme à son objectif initial de 18 000 recrutements.
Ces délais ont un coût humain. Les nouveaux enseignants doivent se loger, se déplacer et travailler parfois loin de leur région d’origine sans revenu régulier. La situation favorise l’endettement, les abandons de poste et la démotivation, alors même que les salles de classe ont besoin de stabilité.
Le défi va s’accentuer : 9 612 départs à la retraite sont attendus d’ici 2030, et un recrutement supplémentaire de 6 000 enseignants était envisagé pour 2026. Accélérer les entrées sans réparer la chaîne administrative ne ferait qu’allonger la file des dossiers.
L’indicateur à suivre n’est donc plus seulement le nombre recruté, mais le délai médian entre la prise de service, l’immatriculation et le premier salaire. C’est là que se mesure la capacité de l’État à tenir sa promesse.









