Actualités of Saturday, 10 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Raconter un féminicide sans transformer la victime en spectacle

« Drame passionnel » n’explique rien. Ce vocabulaire peut effacer les menaces, le contrôle et les responsabilités qui ont précédé le crime.

La conférence nationale sur la prévention des féminicides a insisté sur le rôle des médias. La couverture peut rendre un phénomène visible, mais elle peut aussi normaliser la violence lorsqu’elle recherche le choc, diffuse des images intimes ou présente la jalousie comme une preuve d’amour.

Une charte de rédaction devrait rappeler cinq règles : nommer les faits avec prudence, respecter la présomption d’innocence, protéger les proches et les mineurs, contextualiser les signes d’emprise, et publier les ressources d’aide. Les citations des voisins ne remplacent pas une source judiciaire ni un spécialiste.

Le titre mérite une vigilance particulière. Centrer l’histoire sur la conduite supposée de la victime déplace la responsabilité. Décrire l’auteur présumé comme « fou d’amour » fabrique une excuse. Publier une méthode détaillée peut enfin provoquer imitation ou retraumatisation.

Une couverture responsable n’est pas moins forte. Elle est plus utile : elle montre les avertissements ignorés, explique les recours et suit les réponses institutionnelles après l’émotion des premiers jours.