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Actualités of Thursday, 21 October 2021

Source: Le Messager

Racket de 500f à l'EST: les gendarmes de Bagoloul déshabillés

Un gendarme camerounais Un gendarme camerounais

La barrière de brigade de gendarmerie érigée à Bagoloul,loin d’être un point de contrôle pour veiller sur la sécurité des personnes et des biens,est devenue un véri table poste de péage et de racket.

Comme dans les polars américains, l’arnaque à ciel ouvert perdure. « Ici, chaque moto-taximen enregistré dans un fichier tenu par les éléments de « sécurités », doit verser chaque jour 500 Fcfa pour franchir la barrière », dénoncent des usagers sous anonymat.


Une pratique érigée en règle depuis mathusalem.

Serait- on nuisible de se questionner si l’autorité administrative locale est-elle au courant de ce qui s’apparente clairement à un fléau ? Si oui, quelle est la destination exacte de l’argent collecté au quotidien ?

Descendu sur les lieux, le reporter du Messager trouve les faits tels que rapportés par des victimes dépouillées. Là- bas,rien à voir avec les facilités de locomotion. Le car, c’est pour le lever et le coucher du jour. Les moto-taximens boudent l’axe. Une fois acceptée, il faut patienter qu’il fasse le plein (03 places plus bagages Ndlr).

Sur un chemin de terre de 28 km, pour s’y rendre il faut payer 3000 Fcfa, ceci au grand dam des populations. Et vient le temps du départ. Après avoir ingurgiter quatre sachets de whisky en plastique, le conducteur aux vêtements qui dégage une odeur infecte, prend enfin la route d’Abong-Mbang à destination d’Angossas.

A peine 5 km parcourus, c’est un coup de frein intempestif. Le chauffeur s’arrête. Il retire un billet de 1000 Fcfa qu’il met dans la main déjà tendue du gamin qui tient la corde qui sert de herse.

Non loin de là, sous une ombre, un gendarme affalé sur un siège de fortune, étanche sa soif sans avoir besoin d’effectuer un quelconque contrôle des usagers. Non seulement, il est crasseux, porte des Rangers poussiéreux, un béret rouge défraîchi et coincé dans les épaulettes.

Sur son visage se lisent des traits de fatigue. Pas un mot. Sous son regard impuissant et indifférent, son acolyte guidé par des appétits pécuniaires, baisse la corde et le visa est accordé.

Ces histoires se déroulent le vendredi 8 octobre 2021 entre 5 heures du matin et 5 heures du soir. Corruption et impunité De quoi se demander comment les camerounais sont aussi insensibles devant tout ce qui est fait par l’Etat pour freiner la corruption. Insensible n’est pas hyperbolique car ils se montrent imperturbables devant toute la batterie de mesures mise en place pour lutter contre la pègre.

Ils ont plutôt retroussé leurs manches pour mieux corrompre, se faire corrompre, braquer et appauvrir l’Etat. En fait, ils sont devenus triplement ingénieux. Pour eux, l’Opération Epervier n’est qu’un simple théâtre. Toutes les institutions de lutte contre le fléau ne sont que des machins. Et toutes les campagnes de sensibilisation sont des pertes de temps. C’est dire que cette horde de prédateurs ne recule devant rien pour assouvir leur égoïsme sans bornes.

La Commission nationale anti-corruption (Conac) aura beau publier des rapports qui tirent des sonnettes d’alarme mais, elle ne peut que brailler pour rappeler qu’elle existe. En dépit de ces élans, ces ripoux se sont emmurés dans une corruption agressive et vicieuse.

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