Actualités of Friday, 28 August 2026

Source: www.camerounweb.com

REVELATIONS : voici la liste des DG les mieux payés au Cameroun

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Diriger une entreprise publique demeure, au Cameroun, l'un des postes les plus convoités et les mieux rémunérés de l'appareil d'État. Selon des informations relayées par NTA, la rémunération mensuelle de certains Directeurs Généraux dépasse allègrement la barre des 8 millions de FCFA, une fois cumulés salaire de base et indemnités diverses, un niveau de traitement qui suscite régulièrement la controverse au regard des performances réelles de ces structures.



Ce système de rémunération, loin d'être occulte, repose sur un décret présidentiel de juin 2019, qui classe les entreprises publiques camerounaises en cinq catégories selon leur chiffre d'affaires moyen. À la tête de cette hiérarchie, la première catégorie regroupe des mastodontes du secteur public tels que la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), la Société Nationale de Raffinage (Sonara) ou encore le Port Autonome de Douala (PAD). Les Directeurs Généraux de ces structures perçoivent un salaire de base fixe de 6 millions de FCFA par mois. À l'autre bout de l'échelle, la cinquième catégorie garantit un plancher de 2 millions de FCFA mensuels.



Mais ce montant de base ne représente que la partie émergée de l'iceberg. S'y ajoutent des indemnités légales de responsabilité, équivalentes au cinquième du salaire, et de représentation, correspondant à un septième de celui-ci. Une fois ces éléments cumulés, le traitement mensuel d'un patron d'entreprise de première catégorie atteint précisément 8 057 143 FCFA. À cette somme s'ajoute une liste conséquente d'avantages en nature : logements et véhicules de fonction haut de gamme, dotations généreuses en carburant, service de gardiennage permanent, ainsi que des primes de commissions et perdiems lors des missions officielles.



Ce dispositif, conçu à l'origine pour attirer des managers de haut niveau et moraliser la gestion des entreprises publiques, ne fait toutefois pas l'unanimité au sein de l'opinion. La question centrale porte sur la légitimité de tels niveaux de rémunération dans des structures souvent placées en situation de monopole – eau, électricité, télécommunications –, mais dont les bilans financiers affichent fréquemment des déficits chroniques, doublés d'une dépendance persistante aux subventions publiques.



Alors que l'État camerounais est régulièrement appelé à rationaliser ses dépenses publiques, la question d'une indexation de ces rémunérations sur les résultats effectifs et la qualité du service rendu aux usagers demeure entière. Un chantier qui, en dépit des textes réglementaires existants, tarde manifestement à se concrétiser dans les faits.