Actualités of Monday, 1 June 2026

Source: www.camerounweb.com

REVELATIONS: visite secrète du directeur de la CIA à Yaoundé et comment Washington a pris le contrôle de la sécurité de Paul Biya

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Il y a des visites officielles et il y a les autres. Celles dont on ne parle pas, dont les avions atterrissent dans la discrétion et dont les agendas ne sont jamais publiés. Jeune Afrique, dans une enquête exclusive d'une ampleur exceptionnelle publiée ce 30 mai 2026, révèle l'une de ces visites — et ses conséquences sur l'architecture sécuritaire du Cameroun. «Au début d'octobre 2023, dans la plus grande discrétion, un jet privé atterrit au Cameroun, sur le tarmac de l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. À son bord, William Joseph Burns, directeur de la CIA et homme clé de l'appareil sécuritaire américain». Une visite qui, selon Jeune Afrique, a marqué un tournant décisif dans les relations sécuritaires entre Washington et Yaoundé — et qui s'est traduite, trois ans plus tard, par une présence américaine désormais incontournable au cœur même de l'appareil de protection de Paul Biya.

Avant le coup d'État au Gabon : Washington avait prévenu Yaoundé
Le contexte de la visite de Burns est révélé par Jeune Afrique avec une précision qui glacera plus d'un observateur. «Plusieurs mois avant le coup d'État du 30 août 2023 au Gabon, les services américains avaient transmis à Yaoundé une note alertant sur des risques de déstabilisation, voire sur l'éventualité d'un putsch contre le régime de Paul Biya». Une note qui évoquait, selon le journal, «la présence de groupes armés liés à la mouvance séparatiste ambazonienne dans le Sud, région natale du président camerounais» — le verrou le plus symbolique du dispositif de survie du régime.


La chute d'Ali Bongo, quelques semaines après l'envoi de cette note, a donné aux avertissements américains une portée qu'ils n'auraient peut-être pas eue autrement. Paul Biya a compris le message. Le coup d'État au Gabon — pays voisin, régime comparable, présidence dynastique — était le miroir dans lequel il pouvait voir son propre avenir si les failles identifiées par Washington n'étaient pas comblées.

Le conseil de sécurité exceptionnel du 1er septembre 2023 : huis clos absolu
Jeune Afrique révèle une séquence qui n'a jamais été rendue publique. Le 1er septembre 2023, «les plus hauts responsables gradés du pays sont convoqués au palais de l'Unité pour un conseil de sécurité exceptionnel, qui se tient à huis clos. Les conclusions ne filtrent pas». Mais les conséquences deviennent rapidement visibles : «renforcement du dispositif du BIR, réorganisation de la chaîne de commandement, redéploiements en interne». Un séisme organisationnel silencieux au cœur de l'appareil militaire camerounais — déclenché par une note de la CIA et scellé dans une salle dont personne n'a vu les portes s'ouvrir.
Puis arrive la visite de Burns, «quelques jours plus tard». Officiellement sur la «lutte antiterroriste, la sécurité maritime et le renseignement». En réalité, selon Jeune Afrique, «elle marque un tournant : le réchauffement accéléré des relations entre Yaoundé et Washington dans le domaine de la sécurité». Le directeur de la CIA ne vient pas en touriste. Il vient auditer, rassurer et poser les jalons d'une coopération qui, trois ans plus tard, aura transformé le paysage sécuritaire camerounais en profondeur.



Formation de la DGRE, BIR, cybersécurité : l'installation silencieuse de Washington


Jeune Afrique documente avec précision l'étendue de la présence américaine dans l'appareil sécuritaire camerounais. «La CIA et plusieurs autres agences fédérales américaines ont renforcé leur coopération avec les services camerounais : formation des agents de la DGRE, cybersécurité, analyse de données, techniques de renseignement, lutte antiterroriste». Washington s'est «progressivement installé au cœur de l'appareil sécuritaire, notamment du BIR» — cette unité d'élite que la CIA décrit dans ses propres rapports comme «la mieux équipée et la mieux entraînée de l'armée camerounaise, fonctionnant comme une armée parallèle, dotée de capacités terrestres, aéroportées, amphibies et de renseignement».


Un rapport de la CIA sur le BIR. Des formateurs américains dans les structures d'élite camerounaises. Des agents de la DGRE formés par Washington. En quelques années, la coopération sécuritaire américano-camerounaise a atteint un niveau de profondeur que ni le public ni même une partie des responsables camerounais ne mesuraient vraiment — jusqu'à ce que Jeune Afrique en publie l'inventaire.