Les révélations de Jeune Afrique sur les coulisses de la cession de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) mettent en évidence un premier accroc majeur entre le gouvernement camerounais et le groupe français Castel, révélant une opposition institutionnelle antérieure de plusieurs jours à l'annonce publique de la transaction.
Selon les informations obtenues par Jeune Afrique, qui a pu consulter le document, une lettre datée du 10 août a été adressée par Balungeli Confiance Ebune, directeur de cabinet du Premier ministre Joseph Dion Ngute, à Olivier Parent, directeur général de Somdia, la filiale agro-industrielle de Castel actionnaire majoritaire de Sosucam. Le média révèle que cette missive demandait expressément de surseoir à toute démarche relative à la cession, tant que le comité stratégique mis en place par les autorités camerounaises pour suivre l'opération n'aurait pas rendu son rapport. Or, cette lettre est antérieure de trois jours à l'annonce officielle de la cession, intervenue le 13 août.
Une réponse jugée insuffisante par la primature
Jeune Afrique rapporte que la réaction de Somdia à cette mise en garde a consisté à informer directement le Premier ministre des négociations ayant abouti à l'accord avec le consortium repreneur, sans pour autant attendre l'aval formel du comité stratégique. Une méthode qui, selon le média, aurait braqué plusieurs hauts fonctionnaires camerounais, le comité en question estimant que sa mission consistait à « superviser » l'opération, quand Somdia et le consortium repreneur revendiquaient plutôt vouloir « l'accompagner » — une divergence sémantique qui, selon Jeune Afrique, cristallise l'essentiel du différend institutionnel actuel.
Jeune Afrique révèle également qu'une mission interministérielle a été dépêchée le 25 août sur les sites de Sosucam à Mbandjock et Nkoteng, sur instruction du Premier ministre. Selon un haut fonctionnaire proche du dossier, cité par le média, l'objectif de cette visite était « d'écouter et apaiser le climat général avant la cession et, surtout, de tuer la rumeur qui dit que le deal était déjà officiellement acté par le gouvernement » — preuve, selon Jeune Afrique, que la primature cherchait à reprendre la main sur un dossier dont elle s'estimait tenue à l'écart dans ses dernières étapes.









