Actualités of Friday, 2 January 2026

Source: www.camerounweb.com

REVELATIONS: des ministres aperçus chez des féticheurs et Marabouts

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Depuis l’annonce surprise du Président Paul Biya, lors de son discours de fin d’année, de la formation imminente d’un nouveau gouvernement, une rumeur insolite mais tenace circule dans les couloirs du pouvoir et les milieux informés de la capitale.

Selon plusieurs sources concordantes au sein de l’administration et de proches de certains ministères, de nombreux membres du gouvernement sortant, ainsi que des personnalités aspirant à un portefeuille, se seraient mis en quête de protections… d’un ordre particulier. Ils seraient nombreux à avoir « consulté les fétiches » ou sollicité des marabouts et autres conseillers spirituels pour influencer leur sort dans la composition du prochain cabinet.

« C’est une pratique ancienne, mais qui connaît un pic d’activité remarquable chaque fois qu’un remaniement se profile », confie, sous couvert d’anonymat, un journaliste politique basé à Yaoundé. « Ce n’est plus un secret. Certains ministres ont leurs « spécialistes » attitrés qu’ils consultent avant toute décision importante. Là, il s’agit de rester dans la course ou d’y entrer. »

Cette ruée vers les pratiques mystico-spirituelles, si elle n’est pas officiellement confirmable, illustre le climat d’incertitude et la psychose qui entourent les remaniements ministériels au Cameroun. La longévité et l’opacité du régime font que les critères de nomination ou d’éviction restent souvent insondables, nourrissant toutes les spéculations et poussant certains à rechercher des garanties au-delà du rationnel.

« Quand les règles du jeu ne sont pas claires, les acteurs cherchent d’autres grilles de lecture et d’autres leviers d’action », analyse un universitaire camerounais spécialiste des questions politiques. « La consultation des fétiches ou des marabouts est perçue ici comme une stratégie de gestion du risque et de l’aléa dans un environnement politique très concurrentiel et imprévisible. C’est une tentative de maîtriser l’incontrôlable. »

Cette rumeur, prise avec prudence par les observateurs, met en lumière plusieurs réalités : l’angoisse des élites face à la perte possible du pouvoir et des privilèges, l’importance des croyances traditionnelles dans les sphères décisionnelles modernes, et l’extrême concentration d’un processus de nomination qui reste l’apanage exclusif du Chef de l’État.

Le Palais de l’Unité, siège de la présidence, n’a bien entendu fait aucun commentaire sur ce qui relève du domaine de la rumeur et de la vie privée des concernés. L’attente, elle, reste bien réelle et palpable à Yaoundé, entre calculs politiques, espoirs, craintes… et peut-être, pour certains, incantations. La publication de la liste ministérielle, seule, dissipera – temporairement – cette atmosphère particulière.