Actualités of Tuesday, 4 August 2026
Source: www.camerounweb.com
Si plusieurs cadres du RDPC se sont relayés pour défendre la thèse d'un pouvoir pleinement fonctionnel malgré l'absence de Paul Biya, une enquête de Jeune Afrique met en évidence un silence bien plus révélateur : celui de personnalités dont la fonction constitutionnelle ou le passé politique aurait dû, en toute logique, les placer en première ligne.
L'élément le plus significatif relevé par Jeune Afrique concerne Aboubakary Abdoulaye, président du Sénat et, à ce titre, successeur constitutionnel de Paul Biya en cas de vacance avérée du pouvoir. Selon l'enquête, cette personnalité pourtant directement concernée par l'hypothèse d'une vacance n'a fait aucune déclaration publique sur le sujet — un silence dont la portée symbolique dépasse largement celui de n'importe quel autre cadre du régime.
Jeune Afrique relève également le silence de Théodore Datouo, président de l'Assemblée nationale, qui n'a pas évoqué l'absence prolongée du chef de l'État lors d'un meeting de remerciement qui lui était pourtant consacré, ainsi que celui du Premier ministre Joseph Dion Ngute.
L'ancien homme fort devenu étrangement discret
Autre silence relevé par l'enquête : celui de Paul Atanga Nji, ministre de l'Administration territoriale, dont Jeune Afrique rappelle qu'il avait pourtant mené, en 2024, une offensive tous azimuts contre les spéculations sur la santé du président — interdictions faites aux médias, circulaires aux gouverneurs, mobilisations organisées. Son silence actuel, par contraste, interroge sur les rapports de force internes qui pourraient avoir évolué au sein du dispositif présidentiel depuis cette date.
Ce que cette cartographie du silence, établie par Jeune Afrique, donne à voir, c'est que l'absence de commentaire de ces figures constitutionnellement ou historiquement centrales pourrait en dire davantage sur l'état réel du pouvoir camerounais que n'importe quelle déclaration lénifiante. En politique, le silence des puissants n'est jamais neutre : il est aussi une prise de position, prudente ou stratégique, sur une succession dont l'issue reste incertaine.