Actualités of Thursday, 20 August 2026
Source: www.camerounweb.com
En devenant chef traditionnel de 2e degré du groupement de Bulu-Est 1 en août 2025, Jacques Fame Ndongo a franchi une étape supplémentaire dans la construction de son autorité régionale. Mais une enquête de Jeune Afrique révèle que cette intronisation, loin de faire consensus, soulève de sérieuses interrogations quant à sa légitimité au regard des traditions et des rites propres à la culture bulue.
Selon Jeune Afrique, Jacques Fame Ndongo était déjà chef traditionnel de 3e degré depuis 1989, avant d'accéder à cette promotion de 2e degré, un titre normalement réservé aux personnalités reconnues pour leur sagesse et leur engagement à préserver les valeurs communautaires. L'enquête cite l'analyste Christian Emvolo, qui pointe explicitement le cumul inhabituel entre d'importantes responsabilités politiques nationales et l'accession à une chefferie traditionnelle, un cumul qui, selon lui, fragilise la légitimité même du processus de désignation.
Des manœuvres administratives dénoncées
Le point le plus sensible documenté par Jeune Afrique concerne la manière dont cette intronisation aurait été obtenue. Selon Christian Emvolo, cité par l'enquête, l'accession de Jacques Fame Ndongo à la chefferie aurait été facilitée par des manœuvres de nature administrative, contournant de fait les traditions et les rites propres à la culture bulue — un procédé qui, selon l'analyste, nourrirait un sentiment d'injustice parmi une partie de la population locale, potentiellement écartée d'un processus de désignation qui devrait, en théorie, rester fidèle aux usages coutumiers.
Jeune Afrique relève enfin la dimension symbolique de cette stratégie : la construction, sur le site de Nkolandom, d'un musée consacré à la conservation de la mémoire patrimoniale des Bulus de la Mvila, dans une architecture mêlant cases traditionnelles en paille et bâtisses modernes en briques rouges. Ce que cette juxtaposition, documentée par l'enquête, met en lumière, c'est la tension entre la construction d'une légitimité culturelle authentique et l'instrumentalisation possible du patrimoine traditionnel au service d'une ambition politique bien contemporaine — une question que la controverse entourant son intronisation ne permet pas, à ce stade, de trancher définitivement.