Actualités of Tuesday, 8 September 2026
Source: www.camerounweb.com
Le cambriolage survenu dans la nuit du 29 au 30 août au siège du Tribunal criminel spécial soulève une question de sécurité qui dépasse le seul cadre du butin dérobé. Une enquête de Jeune Afrique met en évidence un paradoxe embarrassant : ce bâtiment abritant l'une des juridictions les plus sensibles du pays était pourtant placé sous la protection du Groupement polyvalent d'intervention de la Gendarmerie nationale, une unité d'élite censée garantir un niveau de sécurité maximal.
Selon Jeune Afrique, les intrus n'ont emporté lors de cette intrusion qu'un ordinateur et une somme d'argent modique, déposée dans les tiroirs de la cheffe de la section criminelle du greffe. Un butin en apparence dérisoire au regard de la nature du bâtiment visé, mais qui, selon l'enquête, révèle une faille de sécurité potentiellement bien plus grave : si des individus ont pu pénétrer dans les locaux malgré la présence d'une unité d'élite, rien ne permet d'exclure qu'une intrusion similaire, mieux préparée, ait pu viser directement le coffre des scellés du tribunal.
Ce que cette enquête de Jeune Afrique met en lumière, c'est la vulnérabilité d'une institution censée incarner la lutte contre les détournements de fonds publics les plus importants du pays, seuils fixés à un minimum de 50 millions de francs CFA de préjudice. Comment expliquer qu'un tel établissement, en principe hautement sécurisé, ait pu être visé par des cambrioleurs, alors même que son coffre contiendrait, selon l'enquête, plusieurs milliards de francs CFA issus des procédures de plaider-coupable ? Cette question de sécurité matérielle, distincte de celle de la disparition du greffier en chef, n'en constitue pas moins un sujet de préoccupation à part entière pour la crédibilité de l'institution.