Alors que les Camerounais sont dans l’attente du remaniement du gouvernement, le président de la République du Cameroun, Paul Biya, a convoqué une session du Conseil supérieur de la magistrature du Cameroun (CSM) qui se tiendra le mercredi 18 mars 2026 au Palais de l’Unité à Yaoundé. L’annonce a été faite par le poste national de la CRTV
Selon nos confrères de la chaine nationale Paul Biya présidera personnellement les travaux de cette instance clé du système judiciaire camerounais.
Cette convocation intervient après une longue période sans réunion de cette institution. En effet, la dernière session du Conseil supérieur de la magistrature remonte au 10 août 2020, soit près de six ans.
La tenue de ces assises est donc particulièrement attendue au sein du corps judiciaire, où plusieurs décisions concernant la gestion des magistrats pourraient être prises à l’issue de cette session
Il faut rappeler que le Conseil supérieur de la magistrature joue un rôle central dans la gestion de la carrière des magistrats. Il est notamment chargé de statuer sur les intégrations, les avancements, les mutations ainsi que les questions disciplinaires concernant les magistrats du parquet et du siège.
Le Conseil supérieur de la magistrature du Cameroun traverse une crise institutionnelle majeure qui ébranle les fondements de la justice camerounaise. Depuis 4 ans et 10 mois, cette institution clé n’a plus tenu de réunion, paralysant le système judiciaire à l’approche de la présidentielle 2025. Le 16 juin 2024, les mandats de cinq membres ont expiré sans renouvellement, créant une situation d’illégitimité qui alimente la défiance populaire.
La paralysie totale du système judiciaire camerounais
Depuis août 2020, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) n’a plus siégé une seule fois. Cette institution, pourtant chargée de proposer les nominations et mutations des magistrats, est devenue le symbole d’un dysfonctionnement profond.
«La situation du CSM est le symbole d’un système judiciaire qui ne fonctionne pas. Cela n’est guère encourageant à l’aube d’une élection présidentielle qui pourrait donner lieu à de multiples contentieux», confie un magistrat sous anonymat.
Le conflit entre Laurent Esso, ministre de la Justice et vice-président du Conseil, et Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, explique en partie cette paralysie. Esso a tenté en vain d’obtenir la tenue d’une réunion pour entériner des nominations cruciales.
L’offensive judiciaire de Maurice Kamto révèle les failles
Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a déposé plainte contre trois membres du Conseil constitutionnel pour «empiètement sur le pouvoir législatif» et «coalition contre les lois».
La plainte vise notamment Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, ancien membre du RDPC au pouvoir. Kamto dénonce sa participation à un meeting du parti présidentiel le 27 octobre à Mbalmayo, où des militants réclamaient la candidature de Paul Biya.
«À défaut d’obtenir de grands bouleversements, Maurice Kamto oblige le système judiciaire à statuer sur lui-même. Cela lui permet de démontrer son propos, à savoir que la justice est partiale», analyse un proche de l’opposition.
Une audience cruciale est prévue ce 19 juin devant la Cour d’appel, après que la plainte ait été déclarée irrecevable en première instance. Cette procédure s’ajoute à celle contre Elecam, accusé de violer l’article 80 du code électoral en refusant de publier la liste électorale nationale.
Cette crise institutionnelle majeure compromet-elle définitivement la crédibilité de la prochaine élection présidentielle camerounaise ?









