Plusieurs responsables de partis politiques qui ont milité en faveur de la victoire de Paul Biya à la présidentielle du 12 octobre 2025 attendent impatiemment leur entrée au gouvernement, considérée comme une reconnaissance pour leur soutien au locataire du palais d’Étoudi. Parmi ces responsables figure en bonne place le président national de la formation politique APAR, qui s’est associé au ministre délégué au ministère de la justice, me Jean de Dieu Momo pour battre campagne pour Paul Biya. Mais entre les deux hommes, l’homme de Mvomeka’a doit choisir un pour le gouvernement.
Au Cameroun, il existe une discipline olympique encore méconnue : l’attente ministérielle de longue haleine.
Et dans cette catégorie, un nom circule avec insistance : Célestin Djamen, président du parti APAR, marathonien de la loyauté stratégique, compagnon de campagne de Jean de Dieu Momo lors de la dernière présidentielle.
Mais avant de parler remaniement, parlons CV. Car Djamen n’est pas un novice. C’est un curriculum vitae à lui seul.
Est-ce que tu as connu Célestin Djamen dans les années de braise des années 90 ?
Quand la rue vibrait, que la politique sentait la sueur et les tracts clandestins ?
Est-ce que tu as connu les villes mortes de 1992 ?
Quand l’opposition s’écrivait en lettres majuscules et en barricades improvisées ?
Est-ce que tu as connu les émeutes de la faim de 2008 ?
Quand la colère populaire montait plus vite que les prix du carburant ?
Est-ce que tu as connu le SDF dans son heure de gloire ?
Quand le vent semblait vouloir balayer Yaoundé ?
Est-ce que tu as connu le MRC dans ses déboires ?
Quand les certitudes devenaient procès-verbaux ?
Est-ce que tu as connu APAR ?
Ce parti discret mais stratégiquement présent, comme un figurant qui attend sa scène ?
Est-ce que tu as connu l’alliance APAR–PADDEC–RDPC ?
L’art camerounais de l’addition politique sans soustraction morale ?
Oui, Djamen a tout traversé.
Opposition flamboyante.
Transitions idéologiques.
Repositionnements successifs.
Alliances opportunes.
Réconciliations tactiques.
Un CV qui donne le vertige.
Un itinéraire qui mérite, à défaut d’un ministère, au moins un musée.
Et pendant que le pays spécule sur le prochain remaniement, une question flotte dans l’air feutré des salons politiques : le Président Paul Biya va-t-il enfin reconnaître cet engagement ?
Car mouiller le maillot aux côtés de Jean de Dieu Momo, ce n’est pas rien.
C’est un acte de foi.
Une liturgie de loyauté.
Un sacrement d’alignement.
Mais voici la question que personne n’ose poser à haute voix :
Et si Paul Biya demandait de choisir entre Célestin Djamen et Jean de Dieu Momo ?
L’histoire camerounaise a prouvé une chose : le pouvoir aime les alliés.
Mais il adore cogner leurs têtes…
Alors Djamen attend.
Patience stratégique.
Espérance institutionnelle.
Silence calculé.
Dans ce Cameroun où les remaniements sont annoncés comme des pluies en saison sèche, chacun scrute le ciel.
Paul Biya ne doit surtout pas oublier ce parcours. Car certains CV ne se résument pas à une ligne. Ils sont des épopées.
Reste à savoir si, au palais, on lit encore les épopées… ou seulement les noms du village.
Et si l’attente est parfois plus longue que la carrière?
Alex KAMTA L'usurpateur









