Actualités of Wednesday, 19 August 2026
Source: www.camerounweb.com
Avant de devenir l'homme fort incontesté de Kribi, Grégoire Mba Mba a d'abord connu l'humiliation d'une exclusion politique brutale. Une enquête de Jeune Afrique retrace la trajectoire méthodique par laquelle cet entrepreneur a su transformer un revers électoral en tremplin vers une influence économique et politique durable sur l'ensemble du département de l'Océan.
Jeune Afrique rappelle qu'avant 2007, Grégoire Mba Mba n'était qu'un politicien parmi d'autres dans le sillage du patriarche Benae Mpecke, alors chef d'état-major de Paul Biya et patron politique incontesté de Kribi. Mais au décès de ce dernier, l'enquête souligne que Mba Mba se retrouve totalement évincé de la course aux législatives et aux municipales par les propres fils biologiques du défunt patriarche — un échec qui, pour beaucoup d'observateurs, aurait dû marquer la fin de ses ambitions politiques locales.
La reconquête par les affaires plutôt que par les urnes
C'est précisément ce qui rend son parcours singulier, selon Jeune Afrique : plutôt que de s'obstiner sur le terrain électoral qui venait de lui être fermé, Grégoire Mba Mba choisit de bâtir méthodiquement une influence économique, débutant par l'ouverture du restaurant Cigare Jet Set, rapidement devenu un lieu de retrouvailles incontournable pour l'élite bourgeoise du pays. L'enquête détaille ensuite l'élargissement de cette stratégie vers les couches populaires, via le lancement de la radio Kribi FM, puis vers l'économie productive locale, à travers des entreprises agricoles pourvoyeuses d'emplois, avant de s'étendre au secteur hôtelier.
Une rencontre présidentielle qui change tout
Jeune Afrique retrace le moment charnière de cette success story : le déplacement de Paul Biya à Kribi en octobre 2011, où Grégoire Mba Mba, alors simple homme d'affaires local, se fait remarquer du chef de l'État. Cooptation au comité central du RDPC la même année, puis nomination au Sénat en 2013 : l'enquête montre comment cette influence économique patiemment construite a fini par ouvrir toutes les portes politiques qui lui avaient pourtant été fermées quelques années plus tôt.
Ce que cette trajectoire, documentée par Jeune Afrique, illustre au final, c'est une leçon devenue presque classique dans le paysage politique camerounais : lorsque la voie électorale se ferme, la construction méthodique d'un empire économique local peut constituer une voie de contournement tout aussi efficace, sinon davantage, pour reconquérir une influence politique durable — la légitimité du pouvoir économique finissant, tôt ou tard, par se convertir en reconnaissance politique au sommet de l'État.