L’arrêté d’une page du 27 octobre 2026 est tombé à un moment que Jeune Afrique juge révélateur. Le magazine reconstitue ce que cachaient, selon ses sources, les trois mois d’interdiction.
Ce que dit l’arrêté. Selon Jeune Afrique, Paul Atanga Nji suspend le parti « sur l’ensemble du territoire national » à compter de la signature, et proscrit toute activité sous peine de poursuites. Gouverneurs, préfets et sous-préfets sont chargés de l’appliquer en procédure d’urgence. Le ministre reproche au FSNC des faits commis « avant, pendant et après » le scrutin du 12 octobre 2025, dont un appel à l’insurrection, une atteinte à l’unité nationale, une incitation à la violence et « la résidence de l’un des dirigeants statutaires à l’étranger ». Jeune Afrique note que le nom d’Issa Tchiroma Bakary n’apparaît pas, mais que ce dernier grief le désigne sans équivoque. Ce sont les griefs du ministre, non des faits établis.
Un calendrier qui interroge. Le magazine souligne que les législatives et municipales, sans date précise, devraient avoir lieu au premier trimestre 2027, et que, selon ses informations, aucun nouveau report ne serait envisagé. Pendant trois mois, le FSNC serait privé de meetings, de réunions d’investiture et d’activités d’implantation. Si Paul Biya convoquait le corps électoral dans cette période, le parti pourrait ne pas pouvoir participer aux scrutins.
Des rendez-vous prévus à l’étranger. Jeune Afrique révèle qu’une réunion des parties prenantes avait été prévue en Gambie, puis début novembre au Ghana. Une source interne au FSNC dit avoir été « personnellement invitée » à cette rencontre, sans savoir « si c’était pour donner une suite favorable à ces négociations ou pour poursuivre un autre agenda ». Le magazine ne précise pas qui organisait ces réunions ni qui devait y participer.
Les soupçons des renseignements. Selon Jeune Afrique, la source sécuritaire affirme que l’opposant serait soupçonné par les renseignements de privilégier une stratégie insurrectionnelle d’envergure, en s’appuyant sur de présumés réseaux clandestins en Ambazonie, au Ghana, au Nigeria et en République centrafricaine. La même source évoque de possibles soutiens étatiques, sans les nommer. Ce sont des soupçons anonymes que le magazine rapporte sans les vérifier, et rien n’est avancé au sujet de preuves.
Une mesure d’anticipation, selon cette source. D’après Jeune Afrique, la suspension répondrait à une logique d’anticipation : le pouvoir chercherait à éviter que l’opposant ne se serve des prochaines élections pour raviver la contestation populaire. Le magazine rappelle que l’arrêté s’appuie sur les condamnations prononcées le 8 octobre 2026 par le tribunal militaire de Yaoundé contre les auteurs de « violences inouïes » lors de la présidentielle.









