Actualités of Wednesday, 28 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Quatre cent soixante dénonciations, mais le public ignore encore le sort des enquêtes

Le Cameroun a livré à l'ONU deux chiffres qui devraient ouvrir la voie à davantage de transparence : environ 460 dénonciations reçues par l'Inspection générale des services judiciaires en 2024 et 2025, et 210 enquêtes prescrites. Le bilan s'arrête toutefois avant les résultats.

La délégation conduite par l'ambassadeur Salomon Eheth répondait les 22 et 23 octobre au Comité des droits de l'homme des Nations unies. Elle a expliqué que les signalements concernaient des manquements professionnels, dont certains pouvaient relever de la corruption. Le compte rendu onusien ne précise pas combien de dossiers portent effectivement sur la corruption, combien d'enquêtes ont été achevées, ni quelles poursuites ou sanctions en ont résulté.

Ce manque empêche d'évaluer l'efficacité du dispositif. Prescrire une enquête signifie qu'un examen est demandé ; cela ne prouve ni la faute ni la sanction. Pour protéger les agents injustement accusés comme les citoyens qui signalent de bonne foi, l'institution devrait publier des données agrégées : délais, classement, transmission au parquet et suites disciplinaires. La confidentialité des dossiers individuels n'interdit pas un tableau de bord public.

La délégation a aussi indiqué qu'un cadre spécifique de protection des lanceurs d'alerte était à l'étude. Cette réforme peut lever la peur de représailles, mais elle devra définir les canaux, la bonne foi, la confidentialité et les recours. Les chiffres de Genève montrent que les alertes existent. La prochaine étape est de rendre visible la réponse institutionnelle, sans transformer une dénonciation en culpabilité automatique.