Actualités of Thursday, 3 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Quand les langues de la forêt reviennent au Musée national

Participants en tenues et parures traditionnelles lors du Grand congrès des peuples de la forêt à Y Participants en tenues et parures traditionnelles lors du Grand congrès des peuples de la forêt à Y

Motifs léopard, fibres végétales, récits et poèmes. Le rassemblement affirme une identité, mais pose surtout la question de sa transmission aux enfants urbains.
Le 23 août, les langues ewondo, eton et bulu ont résonné sur l’esplanade du Musée national. Le Grand congrès des peuples de la forêt a réuni des ressortissants du Centre, de l’Est et du Sud autour du thème du réveil culturel et économique.

Les organisateurs ont présenté des motifs léopard, des coiffes en fibres végétales, des parures et des objets traditionnels. Chaque pièce servait de porte d’entrée vers un récit, une pratique ou une mémoire familiale.
Trésor Modo Odzama, président du comité d’organisation, a formulé l’urgence en termes simples, beaucoup d’enfants ne parlent plus les langues de leurs parents et connaissent mal les usages associés. Le phénomène est accéléré par l’urbanisation, la domination du français et de l’anglais dans l’école, et la transmission devenue irrégulière au sein des familles.

Un congrès peut créer de la fierté. Il ne suffit pas à faire vivre une langue. La continuité passe par des contenus pour enfants, des archives audio, des enseignants, des médias locaux et des espaces où parler n’est pas perçu comme un retour en arrière.

L’ajout du mot économique au thème mérite aussi une attention particulière. Le patrimoine peut soutenir l’artisanat, le tourisme et les industries créatives, à condition que les communautés conservent la propriété et la valeur de leurs savoirs. La culture devient alors autre chose qu’un costume de cérémonie. Elle redevient une ressource vivante.