Actualités of Tuesday, 27 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Procès Martinez Zogo : Voici Ngambi Legrand, dont parle Ayissi Nanga au tribunal militaire

Le lanceur d’alerte Paul Chouta affirme que le lieutenant Ngambi Legrand a joué un rôle dans son enlèvement et les actes de torture qu’il dit avoir subis le 9 mars 2022 à Yaoundé. Selon son récit publié le 27 mai, cet officier aurait également été initialement sollicité par Justin Danwe pour participer à la filature et à l’enlèvement de Martinez Zogo, avant de dénoncer l’opération au patron du Secrétariat d’État à la Défense, Galax Etoga, après avoir appris que le journaliste avait été assassiné.

Voici le fameux Ngambi Legrand, dont parle actuellement Ayissi Nanga au tribunal militaire pour avoir joué un rôle important dans l’affaire Martinez Zogo.<

Le TGV de l'info est le premier à avoir évoqué le nom de Ngambi Legrand, en révélant les actes qu’il avait posés en lien avec l’assassinat de Martinez Zogo ainsi que l’enlèvement et la torture de Paul Chouta. C’était le 27 mai dernier.

Ci-dessous la publication in extenso de ce 27 mai

VOICI L'UN DES HOMMES ENVOYÉS POUR ME TUER EN 2022. IL EST AU CŒUR DE L'AFFAIRE MARTINEZ ZOGO

Il s'appelle NGAMBI Legrand. Aujourd'hui, cet homme en tenue porte le grade de Lieutenant et officie comme attaché militaire à l'ambassade du Cameroun au Tchad.

Pourtant, le 9 mars 2022, sa mission était tout autre : il faisait partie du commando envoyé par le régime de Biya pour m'assassiner. Ce jour-là, aux environs de 20h30, j'ai été enlevé au rond-point Damas à Yaoundé, puis laissé pour mort sur l'autoroute Yaoundé-Nsimalen. À l'époque, Ngambi Legrand était chef de poste de gendarmerie de la Poste Centrale. Il était l'un des visages de la dizaine de bourreaux qui avaient pour tâche de m'arracher à ma vie, en pleine nuit, pour m'emmener derrière l'école publique de Meyo, juste avant le premier échangeur situé sur l’autoroute Yaoundé-Nsimalen en venant d'Ahala.
Leur ordre de mission était gravé dans leur haine : M’ASSASSINER. Ils me l'ont dit, calmement, en m'ordonnant de faire ma dernière prière. Ce que j'ai fait, l'âme glacée.

Ce 9 mars, j’ai subi la barbarie à l'état pur, les sévices les plus déshumanisants et bestiaux. Ils m'ont entièrement déshabillé, me laissant nu comme un ver de terre, avant de me passer à tabac. Tout au long du trajet dans leur pick-up 4x4, les coups de poing pleuvaient. Arrivés derrière cette école, ils m'ont jeté au sol sur ce terrain désert, alors en chantier. Cailloux, parpaings, fouets, lattes, coups de pied... Ils s'en sont donnés à cœur joie avec une rage vorace, s'acharnant sur mon corps.

Soudain, deux motos ont garé non loin du théâtre de mon calvaire. Me croyant sur le point de rendre l'âme, mes bourreaux ont paniqué, démarré leur véhicule et ont fui. Le reste de l'histoire, vous la connaissez. Si je respire encore aujourd'hui, ce n'est pas de la science : c'est un miracle. Le sort funeste qu'ils ont réservé à mon confrère Martinez ZOGO, c'est exactement celui qui m'était promis. Malgré les plaintes que j’ai déposé au tribunal de grande instance de Yaoundé et à la brigade de Nsimeyong chez mon ami le commandant MANGA aujourd’hui en service à Douala. Malgré toutes ces plaintes, l’affaire a été enterrée. Allez savoir pourquoi.

Le lien de sang avec l'affaire Martinez ZOGO

Ce même NGAMBI Legrand est un rouage clé du martyre de Martinez ZOGO. C’est à lui que Justin DANWE avait initialement confié la mission de filature et d’enlèvement du journaliste. Mais l'argent tardait à venir. DANWE lui répétait qu'Amougou Belinga n’avait pas encore versé l’avance. Quelques jours plus tard, NGAMBI apprend que Martinez ZOGO a disparu, puis qu'il a été sauvagement assassiné. Il comprend alors que DANWE l'a doublé pour travailler avec une autre équipe de tueurs.

Fou de rage et par vengeance, NGAMBI Legrand décide de vendre la mèche à Galax ETOGA, le patron du SED (Secrétariat d'État à la Défense). C’est précisément cette dénonciation qui provoquera la chute et l'arrestation de toute la bande : DANWE, AMOUGOU BELINGA, EKO EKO et les autres.

Pour le récompenser de cette "collaboration", le régime a discrètement éloigné NGAMBI Legrand de son poste à la Poste Centrale de Yaoundé pour le nommer attaché militaire à l’ambassade du Cameroun au Tchad. C'est là-bas qu'il vit sa vie d'officier, à l'abri, pendant que Martinez ZOGO est sous terre et que je porte à jamais les stigmates de leur cruauté.

Ne les laissez pas étouffer la vérité.
Diffusez largement.