Actualités of Saturday, 29 November 2025

Source: www.camerounweb.com

Procès Martinez Zogo - "Arthur Essomba", l'agent infiltré qui aurait piégé le journaliste

Une pièce majeure du puzzle de l'assassinat de Martinez Zogo vient d'être révélée au tribunal militaire de Yaoundé. Selon des informations exclusives de Jeune Afrique, un mystérieux personnage se faisant appeler "Arthur Essomba" aurait joué un rôle central dans le piège tendu au journaliste assassiné en janvier 2023.


Jeune Afrique révèle que cet individu, dont le véritable nom serait Albert Bidzongo, s'était présenté à Martinez Zogo en se donnant le grade de "commandant de la sécurité militaire à Douala". Une usurpation d'identité qui aurait permis d'établir un climat de confiance avec le journaliste.


Dans un premier temps, rapporte le magazine panafricain, Bidzongo prétendait détenir des documents compromettants contre Jean-Pierre Amougou Belinga, l'homme d'affaires avec qui Martinez Zogo était en conflit ouvert. Une approche qui visait manifestement à attirer l'attention du journaliste d'investigation.

L'enquête révélée par Jeune Afrique montre ensuite un changement radical de posture. "Arthur Essomba" s'est mué en médiateur, cherchant à réconcilier l'homme d'affaires et le journaliste dont la brouille était de notoriété publique. Un revirement qui n'a pas échappé aux enquêteurs.

"La manière avec laquelle il a procédé fait de lui un suspect", a accusé Alain Ekassi lors de son témoignage rapporté par Jeune Afrique. Cette déclaration désigne clairement Bidzongo comme un acteur clé de ce qui apparaît désormais comme un plan soigneusement orchestré.


Me Calvin Job, avocat de la famille Zogo, a réagi aux révélations de Jeune Afrique en déclarant : "Nous sommes d'accord aujourd'hui qu'un individu a été missionné pour appâter Martinez Zogo". Cette déclaration confirme la thèse d'un guet-apens minutieusement préparé.

Le mode opératoire révélé par Jeune Afrique est particulièrement élaboré : se présenter comme un allié détenant des informations sensibles, puis proposer une médiation pour mieux approcher la cible. Une technique d'infiltration qui aurait permis de gagner la confiance du journaliste avant de le livrer à ses bourreaux.

Jeune Afrique rapporte également une autre révélation choc du témoin Ekassi : un certain Alinga Georges, présenté comme l'homme de main de Stéphane Martin Savom, lui aurait confié que ce dernier détenait sur son téléphone les vidéos de la torture de Martinez Zogo. Une accusation qui, si elle est avérée, établirait un lien direct entre Savom et les auteurs matériels de l'assassinat.

Selon les informations de Jeune Afrique, Alain Ekassi, proche de Martinez Zogo et issu comme lui de l'ethnie Manguissa, fait partie des dernières personnes à avoir vu le journaliste vivant. Son témoignage, bien qu'il s'appuie sur des sources secondaires, a provoqué un tollé dans l'opinion camerounaise.


Le procès, qui a également entendu le 25 novembre Étienne Mbassi, déclarant en douanes proche des renseignements, et le caporal Van Chakra du bataillon Honneurs et Protection, a été renvoyé aux 16 et 17 décembre. Les révélations exclusives de Jeune Afrique sur le rôle présumé d'"Arthur Essomba" ouvrent une nouvelle piste dans cette affaire qui continue de secouer le Cameroun.