Actualités of Wednesday, 3 June 2026

Source: www.camerounweb.com

Prison à vie : Amougou Belinga en difficulté au tribunal militaire

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Un tournant dans l’affaire Martinez Zogo : au tribunal militaire, l’expertise technique n’a pu récupérer que 18 % des données du téléphone de Jean-Pierre Amougou Belinga, laissant un vide abyssal de 82 %. Pire, entre le 18 et le 28 janvier 2023, 26 appels audio entre Amougou Belinga et Justin Danwé ont été effacés. Une zone d’ombre qui alimente les doutes sur leur implication dans l’assassinat du journaliste. Les avocats exigent une expertise supplémentaire pour retrouver ces preuves cruciales.



BREAKING NEWS : AMOUGOU BELINGA EN DIFFICULTÉ AU TRIBUNAL MILITAIRE

Sous les néons froids du Tribunal Militaire, l'atmosphère est lourde, presque étouffante. On n'y juge pas seulement des hommes ; on y traque une vérité qui se dérobe derrière des octets et des non-dits. Au cœur de ce face-à-face tendu entre la justice et le silence, un chiffre est tombé comme un couperet : 18 %. C'est la piètre portion des données du téléphone de Jean-Pierre Amougou Belinga que l'expertise a réussi à faire parler.

​C'est alors que Me Félicité Esther Zeifman s'est levée, portant la voix de ceux qui refusent qu'on enterre l'affaire sous des faux-semblants. Elle a posé à l'expert Bitjocka v cette première question, cruciale, destinée à briser les rumeurs d'une innocence hâtivement proclamée par les partisans de l'accusé :

​« Quand vous parlez de 18% des téléphones exploités, avez-vous utilisé les termes "coupable" ou "innocent" ? ».

​La réponse du technicien est glaciale de neutralité : « Je suis expert technique. Il ne me revient pas de dire qui est coupable ou innocent. »

​L'insoutenable vertige du vide

​Mais l'avocate ne s'est pas arrêtée là. Face à ce mur de chiffres, elle a poussé l'expert dans ses retranchements humains, là où la technique se heurte à la conscience. Elle a posé la question qui donne le vertige :

​« Est-ce que 18% correspondent donc à son comportement humain ? »

​Une interrogation abyssale. Peut-on résumer la vérité d'un homme, ses intentions, ses complicités ou sa noirceur à un si faible pourcentage ? L'expert a dû concéder l'effrayante réalité : l'activité ne se limite pas à cela. Il y a d'autres espaces, d'autres téléphones. Et sur ce gouffre de 82 % de vide, la science est aveugle. Elle ne peut rien dire.

​Le cri pour la vérité : en 10 jour (18 au 28 janvier 2022) Amougou Belinga et Justin Danwe se sont passés 26 appels qui ont été effacés

​C'est dans ce vide abyssal que le doute s'engouffre et que la douleur redouble. Qu'en est-il de cet espace manquant ? De ces zones méthodiquement nettoyées ?

​Portés par une même urgence de justice, Maîtres Kenmoe et Ashu ont pris le relais pour exiger que la lumière soit faite. Ils ont demandé au tribunal une expertise supplémentaire, une ultime tentative pour forcer les machines à exhumer ce que l'on a voulu noyer dans l'oubli : les données supprimées entre Justin Danwé et Amougou Belinga.

​Car le temps presse, et les chiffres crient justice : entre le 18 et le 28 janvier 2023 — ces dix jours fatidiques où le destin de Martinez Zogo a basculé —, 26 appels audio ont été échangés entre les deux hommes. Vingt-six conversations spectrales, effacées des appareils, mais suspendues au-dessus du tribunal comme une terrible promesse de vérité.
​Tant que ces mots supprimés resteront muets, c'est la mémoire d'un homme assassiné que l'on condamne au silence.

L'audience se poursuit...