Actualités of Monday, 5 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Primes, polémiques et acharnement : quand Mouelle Kombi fragilise l’équipe nationale

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Dans une tribune au vitriol, un observateur du sport camerounais s'en prend frontalement au ministre des Sports Mouelle Kombi. Au cœur des reproches : une communication jugée malvenue sur les primes des joueurs, un acharnement présumé contre le sélectionneur David Pagou et son épouse à travers des affectations punitives, et une gestion du secteur sportif marquée par les polémiques plutôt que par les réformes structurantes. L'auteur accuse le ministre de fragiliser systématiquement l'équipe nationale et de mener des règlements de compte personnels incompatibles avec ses fonctions gouvernementales.






Primes, polémiques et acharnement : quand Mouelle Kombi fragilise l’équipe nationale

Monsieur le Ministre,

Votre récente sortie publique sur les primes des joueurs est non seulement malvenue, mais elle révèle surtout une légèreté inquiétante et une irresponsabilité institutionnelle incompatibles avec les fonctions que vous occupez. À chaque fois que l’équipe nationale semble avancer dans un climat apaisé, vous trouvez le moyen de raviver la polémique, comme si la stabilité vous dérangeait. Laissez ces jeunes jouer. Ils ont choisi de disputer cette compétition par amour pour leur pays, et non par appât du gain, contrairement à l’image que vous tentez d’imposer à l’opinion.

En vous livrant à une communication tapageuse sur des primes que vous prétendez avoir versées, vous donnez l’impression de faire une faveur personnelle aux joueurs. Or, il convient de le rappeler avec force : ces primes sont un droit, prévu par les textes. La norme n’est ni un cadeau ni un acte de générosité. Un ministre sérieux n’exhibe pas l’exécution d’une obligation administrative comme un exploit politique.

Mais au-delà de cette sortie hasardeuse, votre gestion du dossier de l’encadrement technique soulève de graves interrogations. Votre animosité à l’égard du sélectionneur David Pagou est de notoriété publique. Après l’avoir arbitrairement affecté à Salapoumbe, sans véritable mission ni perspective professionnelle, vous avez, par le biais de vos réseaux, fait affecter son épouse à l’intérieur du pays, loin de son foyer, dans une manœuvre dont l’objectif apparaît clairement : déstabiliser sa famille et l’atteindre psychologiquement. Ce type de pratique dépasse le cadre d’un désaccord administratif ; il s’agit là d’un acharnement personnel, indigne d’un responsable gouvernemental.

Un ministre des Sports n’est pas censé régler des comptes en utilisant l’appareil de l’État, encore moins en s’attaquant indirectement à la vie familiale d’un technicien qui n’a fait que servir son pays. Votre silence actuel lorsqu’il s’agit de citer le staff technique, et particulièrement le sélectionneur, trahit le malaise créé par ce harcèlement répété. À votre place, le sens de l’État commanderait de prendre du recul et de faire preuve d’humilité.
Pendant que vous entretenez ces conflits, de nombreux secteurs sportifs restent à l’abandon : le rugby, le volleyball, le handball, sans oublier la situation préoccupante des enseignants d’Éducation Physique et Sportive, dont les carrières attendent toujours des réformes justes et structurantes. Le sport camerounais ne se résume pas à des sorties médiatiques sur des primes.
Vos méthodes ont largement contribué à la rupture entre vous et une frange importante de la jeunesse, au point de nourrir un vote-sanction lors des dernières élections.

Aujourd’hui, cette jeunesse ne vous reconnaît plus comme un collaborateur légitime du Chef de l’État, et elle en a parfaitement le droit. Car c’est elle qui, en définitive, accorde le mandat politique par le suffrage.
Le jour où vous quitterez le gouvernement, nombreux seront ceux qui y verront un soulagement. L’histoire, elle, fera son travail. Chacun répondra de sa gestion le moment venu. Pour l’heure, et dans l’intérêt supérieur du sport camerounais, il serait préférable que vous cessiez d’être un facteur de tensions permanentes et que vous acceptiez, enfin, de rester dans l’ombre lorsque votre parole nuit plus qu’elle ne construit.
Cordialement.