Actualités of Friday, 6 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Preuve: Djeukam Tchameni traîne Bruno Bidjang en justice pour une campagne de désinformation orchestrée le soir même de son arrestation

Image illustrative Image illustrative

Les pièces du dossier sont désormais entre les mains de la justice. La plainte avec constitution de partie civile déposée le 23 février 2026 — enregistrée au Tribunal de Première Instance de Yaoundé-Ekounou le 24 février — par Djeukam Tchameni Dominique, président du Mouvement pour la Démocratie et l'Indépendance (MDI), actuellement détenu à la prison centrale de Kondengui, contre Bidjang Oba'a Bikoro François Bruno, livre un récit accablant : celui d'une campagne de désinformation soigneusement orchestrée sur Facebook, le soir même de l'arrestation de l'opposant, pour justifier sa mise hors circuit.

Le soir du 24 octobre 2025 : l'arrestation et la mise en scène simultanée
Dans la nuit du 24 octobre 2025, Djeukam Tchameni est interpellé à son domicile de Douala par les forces de l'ordre, avant d'être transféré à Yaoundé. À la même heure — ou presque —, Bruno Bidjang publie sur sa page Facebook un post qui sera massivement relayé. Le contenu : une prétendue découverte lors d'une perquisition au domicile du plaignant d'un « arsenal impressionnant » comprenant, selon ses affirmations :

9 734 faux procès-verbaux ELECAM vierges
Des fusils d'assaut AK-47 et un pistolet Beretta
Des munitions et des uniformes militaires
Du tramadol
Plus de 48 millions de francs CFA en espèces et via Mobile Money
Des équipements de communication sophistiqués — téléphones avec VPN et puces Thuraya

Ces allégations, présentées comme des faits avérés et accompagnées de la promesse de diffuser des images qui n'ont jamais été produites, ont été largement amplifiées sur les réseaux sociaux. Le post de Bruno Bidjang a enregistré plus de 7 300 likes et 7 500 partages.


Pour la défense de Djeukam Tchameni, la mécanique est limpide. Ces publications visaient manifestement à présenter le plaignant à l'opinion publique comme un individu dangereux, un criminel et un conspirateur préparant des actes de violence et de fraude électorale à grande échelle. Une opération de communication politiquement ciblée, menée à l'heure précise où l'opposant était privé de toute possibilité de se défendre ou de rétablir les faits.
La plainte est explicite : ces affirmations sont « entièrement dénuées de tout fondement ».


Le dossier qui se dessine dépasse la simple querelle entre deux individus. Il pose la question du rôle des activistes numériques pro-régime dans la construction et la diffusion d'un récit officieux destiné à légitimer des arrestations politiques. En publiant des accusations non vérifiées avec une précision chirurgicale — des chiffres, des noms, des types d'armes — au moment même où les forces de l'ordre agissaient, Bruno Bidjang s'est placé, selon la plainte, au cœur d'un dispositif de désinformation coordonné.
Reste à savoir si la justice camerounaise, dans le contexte politique actuel, aura la volonté d'instruire sérieusement cette affaire. Bruno Bidjang est réputé proche des cercles d'influence du régime Biya, qu'il a publiquement et activement défendu pendant toute la campagne présidentielle de 2025.
La plainte est déposée. Le tribunal a reçu le dossier. La suite appartient aux juges.