Politique of Wednesday, 3 June 2026

Source: www.camerounweb.com

Présidentielle 2025 : Le Directeur de campagne de Tchiroma donne enfin raison à Maurice Kamto

Les révélations du Dr Maneng montrent que cette prudence n'était pas de l'intransigeance Les révélations du Dr Maneng montrent que cette prudence n'était pas de l'intransigeance

Les déclarations du Dr Maneng mettent en lumière des contradictions dans la stratégie politique d’Issa Tchiroma Bakary et renforcent la position d’Maurice Kamto. Les révélations sur une possible cohabitation avec le régime de Paul Biya et sur l’inutilité supposée du soutien de Kamto soulèvent des questions sur la sincérité du projet de changement porté par Tchiroma. Le refus de Kamto de soutenir cette candidature relevait davantage de la prudence politique que de l’intransigeance.


Les récentes déclarations du Dr Maneng sur les antennes de Balafon FM méritent une attention particulière. Car au-delà des intentions affichées, elles révèlent surtout les nombreuses contradictions qui entourent encore aujourd'hui la candidature d'Issa Tchiroma Bakary et confirment, avec le recul, la pertinence du choix opéré par Maurice Kamto.

Deux affirmations ont particulièrement retenu l'attention :
« Même si Kamto était candidat, on allait le battre. ». L'objectif final était d'aboutir à une forme de cohabitation avec le régime en place, avec Issa Tchiroma comme vice-président et Paul Biya comme président.

La première déclaration détruit à elle seule plusieurs mois de propagande politique.

Depuis l'élection présidentielle, les soutiens d'Issa Tchiroma ont multiplié les attaques contre Maurice Kamto, l'accusant d'avoir refusé de soutenir "le candidat de l'alternance" et d'avoir ainsi empêché un changement politique historique.

Or aujourd'hui, leur propre directeur de campagne affirme que le soutien de Maurice Kamto n'était pas nécessaire et que Tchiroma aurait gagné dans tous les cas.

Une question simple se pose alors : pourquoi tant d'insultes, tant de campagnes de dénigrement et tant d'hostilité contre Maurice Kamto si sa position n'avait aucune incidence sur l'issue du scrutin ?

Au-delà de tout, nous constatons une véritable preuve de mauvaise foi. Si l'ensemble des soutiens de Tchiroma ont porté le costume d'insulteurs publics ces derniers mois, notamment à l'égard de Maurice Kamto, c'est précisément parce que ce dernier n'a jamais accepté de soutenir un projet politique dont la sincérité n'était pas clairement établie. Aujourd'hui, à la lumière des révélations du Dr Maneng, force est de constater que la suite des événements lui a donné raison.

La seconde révélation est encore plus troublante.

Selon le Dr Maneng, la stratégie consistait à faire reconnaître une victoire d'Issa Tchiroma pour ensuite négocier un partage du pouvoir avec le régime qu'il prétendait combattre.

Cette déclaration éclaire sous un nouveau jour plusieurs faits qui avaient suscité l'incompréhension de nombreux Camerounais : l'absence de dispositif crédible de défense des résultats, l'absence de mobilisation post-électorale et surtout la disparition politique soudaine du candidat après le scrutin alors qu'il promettait quelques semaines auparavant de défendre la victoire du peuple jusqu'au sacrifice ultime.

Les Camerounais sont donc en droit de se demander si les discours de rupture n'étaient pas simplement destinés à mobiliser l'opinion publique au service d'une stratégie de négociation avec le pouvoir.

Une autre contradiction apparaît alors. Il y a encore quelques semaines, le Dr Maneng expliquait que toutes les propositions avaient été faites à Maurice Kamto pour obtenir son soutien, y compris celle du poste de Premier ministre.

Aujourd'hui, le même acteur affirme que le projet final consistait à faire d'Issa Tchiroma un vice-président dans le cadre d'une cohabitation avec Paul Biya.

Dès lors, une question mérite d'être posée : si Maurice Kamto avait accepté ce marché, quel aurait été exactement son rôle dans cette architecture politique ?

Aurait-il été le Premier ministre d'Issa Tchiroma devenu vice-président ? Ou le Premier ministre d'un Paul Biya maintenu au pouvoir à travers un arrangement politique négocié après l'élection ? Plus les révélations avancent, plus les incohérences deviennent visibles.

Par ailleurs, un élément fondamental semble étrangement absent du récit du Dr Maneng : l'implication des militants du MRC dans la collecte et la sécurisation des procès-verbaux sur l'ensemble du territoire national.

Cet oubli paraît difficilement crédible tant cette contribution fut connue et documentée. Il ressemble davantage à une omission volontaire destinée à faire croire que le FSNC et la candidature d'Issa Tchiroma disposaient, à eux seuls, d'un dispositif national capable de couvrir efficacement le territoire et de sécuriser les résultats.
La réalité est pourtant bien différente.
Des milliers de militants et sympathisants du MRC ont participé à l'effort de surveillance électorale et à la remontée des informations, souvent sans contrepartie et dans un esprit patriotique. Effacer aujourd'hui cette contribution relève davantage de la réécriture de l'histoire que de l'analyse politique.

Finalement, la principale leçon de cette séquence est peut-être la suivante : Maurice Kamto n'a pas refusé de soutenir Issa Tchiroma par orgueil ou par calcul personnel. Il a refusé de s'engager dans une aventure politique dont les objectifs réels n'étaient ni suffisamment clairs ni suffisamment cohérents avec les aspirations de changement profond exprimées par les Camerounais.

Les révélations du Dr Maneng montrent que cette prudence n'était pas de l'intransigeance. C'était de la lucidité politique. Et avec le recul, chacun est désormais libre d'apprécier qui, des partisans de l'alliance à tout prix ou de ceux qui exigeaient des garanties de sincérité et de cohérence, avait vu juste.

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