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Business News of Saturday, 23 December 2017

Source: APA

Perspectives économiques: la CEMAC toujours dans le rouge

Le Fonds monétaire international (FMI) a jugé «délicates», à moyen terme, les perspectives économiques de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) dont la croissance, en 2017, reste négative à -½%.

Au terme de ses entretiens annuels sur les politiques communes des pays membres et les politiques communes à l’appui des programmes de réforme, clôturés le 15 décembre dernier, l’institution note une chute marquée et continue des recettes pétrolières depuis 2014, avec une croissance économique régionale devenue négative et des déséquilibres budgétaires et extérieurs s’étant creusés depuis 2 ans.

La chute marquée des recettes pétrolières depuis 2014, constate-t-elle, continue de peser sur la situation économique de la région, la croissance ayant fortement reculé depuis 2014 pour se situer à -1% en 2016, du fait de la détérioration de la production pétrolière (-6%) et de l’atonie de la croissance du PIB non pétrolier, de l’ordre de 1%.

Le FMI explique cette situation notamment par une réduction notable des dépenses publiques dans la plupart des pays et l’importante accumulation d’arriérés budgétaires, l’inflation demeurant faible du fait d’une activité économique atone, et le secteur financier continuant de montrer des signes de faiblesse avec une diminution des dépôts bancaires, un crédit à l’économie en stagnation et une hausse des prêts improductifs.

«Si la phase aigüe de la crise s’est quelque peu atténuée, les perspectives vont continuer à comporter des risques importants», avertit le FMI qui appelle les autorités nationales des pays de la CEMAC à «tenir pleinement leurs engagements d’opérer résolument un assainissement des finances publiques afin de rétablir la viabilité extérieure de chaque pays membre».

Et de rappeler que les autorités nationales et les institutions régionales de la CEMAC avaient commencé à prendre des mesures visant à rétablir la stabilité extérieure et budgétaire après la forte chute des cours du pétrole, décidant ainsi d’engager une riposte énergique et concertée dans tous les pays membres, chacun ayant convenu de faire appel au concours du FMI pour mettre en œuvre cette stratégie.

A ce jour, seuls trois pays (Cameroun, Gabon et Tchad) ont toutefois adopté de nouveaux programmes appuyés par le FMI, que la République centrafricaine a ajusté un programme existant, mais que le Congo et la Guinée Équatoriale traînent encore les pieds.

Le Fonds note que la stratégie régionale restera incomplète, tant que tous les membres de la CEMAC n’auront pas engagé des programmes de réformes à même d’être appuyés par les partenaires au développement.

Dans le même esprit, la poursuite des efforts de diversification de l’économie, notamment dans le cadre du programme régional de réformes économiques et financières, devrait contribuer à réduire les vulnérabilités aux chocs pétroliers et ouvrir la voie à une croissance durable et inclusive.