Actualités of Friday, 23 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Paul Biya très en colère : Les dessous de l’audition de Beti Assomo dans les bureaux d'Etoudi

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Convoqué par Paul Biya, le ministre délégué à la Défense a été entendu à la présidence à propos de l’affaire Martinez Zogo. Selon Jeune Afrique, deux enregistrements audio et un contact présumé avec un détenu seraient à l’origine de cette demande d’explications.

Le ministre délégué à la Défense, Joseph Beti Assomo, a été convoqué puis entendu en début de semaine à la présidence de la République, révèle Jeune Afrique. Le magazine précise que la demande émanait directement du chef de l’État, Paul Biya, et que l’explication a porté, selon ses informations, sur plusieurs éléments liés à l’affaire Martinez Zogo. Le procès du journaliste, enlevé puis assassiné en janvier 2023, se poursuit devant le tribunal militaire de Yaoundé. À ce stade, ni la présidence ni le ministre n’ont, à notre connaissance, commenté cette audition.



Selon Jeune Afrique, deux enregistrements audio, qui ont circulé dans le cadre de l’enquête, ont retenu l’attention du palais. Le magazine ne dit pas en avoir établi l’authenticité.

Le premier, d’un peu plus de onze minutes, laisserait entendre le lieutenant-colonel Ayissi Nanga, témoin dans l’affaire, s’entretenant avec Martin Savom, poursuivi dans le dossier. Jeune Afrique rappelle que l’officier s’était présenté à l’improviste au tribunal quelques jours plus tôt pour demander à témoigner en urgence, disant que sa vie était en danger. Dans l’échange, il dirait ne pas avoir dormi depuis qu’on lui a rapporté que « le vieux », surnom du secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, était fâché contre lui. Martin Savom, de son côté, évoquerait des démarches en vue d’une libération et rapporterait des propos qu’aurait tenus « le ministre » de la Défense : il attendrait la fin des auditions des témoins.

Le second est un message vocal adressé à Martin Savom par Alain Ekassi, présenté comme un agent des renseignements. Selon le magazine, il y évoquerait la disparition d’un document qu’il affirme avoir déposé à la légion de gendarmerie du Centre, et accuserait deux personnes de l’avoir fait disparaître. Ce sont ses accusations, que Jeune Afrique rapporte sans les vérifier.



Le magazine indique que la présidence a aussi été informée d’une autre démarche. Selon ses informations, Joseph Beti Assomo serait entré en contact, sans intermédiaire, avec Jean-Pierre Amougou Belinga, homme d’affaires incarcéré depuis 2023 dans l’affaire. Jeune Afrique ne précise ni la date, ni la nature de ce contact présumé.

Des consignes fermes du chef de l’État

D’après Jeune Afrique, Paul Biya aurait enjoint au ministre de ne pas interférer dans la procédure. Il lui aurait aussi donné des consignes fermes sur le dossier d’Ayissi Nanga : libérer sans délai l’officier placé en détention et suivre le cours normal des auditions. Le magazine rappelle que l’officier avait été arrêté à Yaoundé le 18 octobre 2026, avant d’être relâché.



Jeune Afrique situe cette séquence dans un contexte de guerre des clans au sommet de l’État. Selon ses informations, les relations de Joseph Beti Assomo avec Ferdinand Ngoh Ngoh se sont dégradées. Le secrétaire général de la présidence aurait envisagé de proposer au chef de l’État de le remplacer, lors d’un prochain remaniement, par Galax Yves Landry Etoga, secrétaire d’État à la Défense chargé de la gendarmerie nationale.

Le magazine ajoute que les rapports entre les deux hommes se sont tendus en 2026. En juin, le ministre aurait suspendu la délégation de signature dont disposait le secrétaire d’État, à la suite de désaccords sur les affectations dans la gendarmerie.