Actualités of Monday, 12 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Paul Biya mourant :« Notre président est rattrapé par son âge » : le constat sans détour de Dieudonné Essomba

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Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'économiste Dieudonné Essomba a livré une analyse sans concession de l'immobilisme institutionnel qui caractérise le Cameroun. Selon lui, le président Paul Biya, rattrapé par l'âge et la maladie, n'arrive plus à tenir ses propres engagements, qu'il s'agisse du remaniement ministériel ou de la nomination du vice-président. Un constat qui remet en cause la capacité du système à fonctionner normalement.

C'est une analyse qui tranche avec le discours officiel. Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'économiste Dieudonné Essomba a abordé sans détour la question de l'âge et de la santé du président Paul Biya, et ses conséquences sur la gouvernance du pays.

« Rattrapé par son âge et sa maladie »

« Certains nous ont dit que Biya était un individu exceptionnel, qui dérogeait aux lois de la biologie humaine établies par Dieu, et qu'à 92 ou 93 ans, il pourrait toujours continuer à diriger le pays », a-t-il rappelé. « Mais nous constatons aujourd'hui, malheureusement, que notre président est rattrapé par son âge et sa maladie. Car on ne voit pas très bien comment interpréter autrement cette forme d'immobilisme. »

Une manière de dire que les promesses non tenues et les décisions reportées sine die ne relèvent plus de la simple tactique politique, mais d'une incapacité physique et mentale à gouverner.



Pour étayer son propos, Dieudonné Essomba a rappelé les engagements pris par le chef de l'État lui-même. « Le 30 décembre, de sa propre bouche, il nous dit : "Je sais que vous attendez un remaniement ministériel." Il le dit de lui-même, sans que personne ne le pousse à le faire. Le 10 février, il réitère cette annonce, évoquant une nouvelle fois ce projet. Mais depuis lors, nous ne voyons rien venir. »

Il a également évoqué la création du poste de vice-président, prévue par la révision constitutionnelle d'avril 2026. « Le poste de vice-président a également été créé, mais là encore, on ne voit rien. On ne peut donc pas considérer que le système fonctionne normalement. »


Pour l'économiste, cet immobilisme est préoccupant. Il témoigne d'un blocage institutionnel qui empêche le pays de fonctionner normalement et de répondre aux attentes des citoyens. Les réformes annoncées ne sont pas mises en œuvre, les nominations ne sont pas faites, et l'appareil d'État tourne au ralenti.

Une situation qui alimente les spéculations sur la succession et les luttes d'influence au sommet de l'État. Dans ce contexte, l'absence de vice-président, qui devrait précisément garantir la continuité institutionnelle en cas de vacance, apparaît comme une anomalie majeure.