Dans une récente analyse, l’émission Médiatude sur Cam10 Télévision a mis en lumière deux facteurs clés de la désorientation de la jeunesse : l’exposition précoce aux écrans et l’environnement socio-familial. Un constat qui interpelle sur l’urgence d’une action publique renforcée.
L'avenir de la jeunesse est-il en train de se jouer sur les écrans des smartphones et dans les inégalités de naissance ? C’est la question brûlante soulevée par une intervention remarquée lors de l’émission Médiatude sur Cam10 Télévision, pointant du doigt la responsabilité partagée des géants du numérique et des carences de l’État.
Le premier front de préoccupation est cybernétique. « Le phénomène d'Internet et des réseaux sociaux n'est pas non plus exclu, parce qu'en vérité, les enfants sont à fond, parfois même depuis l'âge de 10 ans, dans les téléphones portables », a-t-il été relevé. Une immersion précoce et massive dont l’influence négative sur le développement cognitif et social des plus jeunes ne fait plus guère de doute. Face à cette emprise, la balle est dans le camp des pouvoirs publics. « L'une des valeurs régaliennes de l'État, c'est aussi l'éducation et réguler le domaine numérique. Est-ce que l'État le fait suffisamment ? J'en doute. » Ce scepticisme souligne le décalage entre la vitesse de la révolution numérique et la lenteur des cadres réglementaires et éducatifs à s’y adapter.
Mais l’analyse ne s’arrête pas là. Le second facteur, tout aussi déterminant, est celui de l’environnement social et familial. L’émission dresse un constat sans ambages : les « familles, dans les quartiers pauvres ou populaires » sont le théâtre d’un « phénomène de désorientation de l'enfance et de la jeunesse ». La raison avancée est celle de la transmission, ou plutôt de son absence : « les parents qui n'ont pas de grandes valeurs scolaires ou académiques ne peuvent pas transmettre leur obsession ou passion pour les études et l'encadrement à leurs enfants. »
À l’inverse, les quartiers plus aisés, citant en exemple Bastos ou Vanapriso, où les familles disposent d’un « background académique solide », présenteraient « très peu de cas de déviance ». Cette fracture éducative et sociale dessine une géographie du succès et du risque. L’intervenant va même plus loin, esquissant une forme de déterminisme environnemental réversible : « Si vous enlevez un enfant d'un quartier pauvre […] et que vous le mettez dans un quartier plus huppé et aisé, le mental peut changer. »
Ce double diagnostic – l’influence délétère des écrans non régulés et le poids des inégalités sociales dans la réussite éducative – place l’État devant une responsabilité immense. D’un côté, il est sommé d’accélérer la régulation du monde numérique pour protéger ses jeunes citoyens. De l’autre, il doit renforcer ses politiques de réduction des inégalités et d’accompagnement parental, particulièrement dans les zones défavorisées, pour briser le cycle de la reproduction sociale.
La jeunesse, prise entre l’attraction des écrans et les limites de son environnement, semble à la croisée des chemins. L’appel lancé sur les ondes de Cam10 Télévision est clair : pour éviter une désorientation généralisée, l’action régalienne, à la fois protectrice et promotrice d’égalité des chances, doit être plus audacieuse et plus rapide. Le temps presse.









