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Opinions of Monday, 14 August 2017

Journaliste: Ndam Njoya Nzoméné

Paul Biya insinue sa candidature pour un 7ème mandat


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« La Can 2019 c'est déjà demain. Vous avez rendez-vous avec l'Afrique sportive ici même au Cameroun. Et le Cameroun sera prêt le jour dit, j'en prends l'engagement », a récemment (r)assuré le président camerounais dont le 6ème mandat à la tête de l'Etat expire en 2018. Paul Biya a laissé percevoir ainsi qu'il sera encore à la tête du pays au moment où se déroulera la prochaine Coupe d'Afrique des Nations, prévue en 2019.

Autant le propos du chef de l'Etat camerounais a rassuré ses compatriotes qui tiennent, dans un rare élan d'union … patriotique à voir leur pays organiser le plus grand événement sportif continental, et qui se demandaient déjà s'il avait opté de faire une fois de plus le mort alors que la dignité du pays était gravement offensée, comme il le fait quand ses compatriotes sont pourchassés, violentés et dépouillées en Guinée Equatoriale voisine, autant il a remis sur les devants de l'actualité la question d'une candidature "de trop" à l'élection présidentielle de cet homme d'Etat de 84 ans qui, en 2018, totalisera 36 ans de pouvoir à la tête d'un pays dont la plupart des habitants ne rêvent que d'alternance depuis plus d'un quart de siècle, nonobstant les multiples "réélections haut la main" du successeur de Ahmadou Ahidjo.

Recevant des sportifs camerounais le 10 août dernier à la présidence, le chef de l'Etat camerounais s'est laissé aller à des propos rassurants relativement à la polémique qui oppose son pays et la Confédération Africaine de Football sur la soi-disant incapacité du Cameroun à organiser la prochaine Coupe d'Afrique des nations, alléguée par les officiels de la CAF, dont son président, le Malgache Ahmad Ahmad.

A en croire des analystes qui aiment à lire entre les lignes, la querelle CAF-Cameroun aura été perçue par Paul Biya comme du pain béni. « C'est pour cela qu'il a pris du temps pour le manger », affirme un responsable de l'Undp, formation politique alliée au parti au pouvoir, qui a requis l'anonymat pour des raisons … imaginables.

Comme lui, beaucoup de Camerounais, pensent que si Paul Biya a attendu longtemps pour mêler sa voix au concert des offenses et répliques qui a émaillé ces dernières semaines les relations entre l'organe faîtier du football africain et le Cameroun, c'est parce qu'il voulait que les choses pourrissent à un haut point pour qu'il surgisse in fine, l'air d'un « sauveur ».

C'est à peine si certains ne vont pas jusqu'à croire que le président camerounais est l'instigateur des propos offensants du président de la Caf qui a commis l'énorme lapsus de déclarer le 04 août dernier que le Cameroun serait incapable d'organiser une CAN à "quatre" équipes, alors qu'il voulait certainement dire quatre poules.

En un mot comme en mille, l'affaire de la CAN 2019 aurait servi de prétexte rêvé au Numéro Un camerounais, pour déclarer insidieusement sa candidature à la prochaine élection présidentielle prévue en 2018, sans donner l'impression d'aborder le sujet en tant que tel : « La Can 2019 c'est déjà demain. Vous avez rendez-vous avec l'Afrique sportive ici même au Cameroun. Et le Cameroun sera prêt le jour dit, j'en prends l'engagement.».

En fait, Paul Biya ne peut pas « prendre l'engagement » de rendre « le Cameroun prêt le jour-J », soit en juin 2019, s'il n'est pas sûr qu'il sera président de la République à la date dudit "jour dit". Ce qui passe bien entendu par sa réélection en 2018.

Le 09 juin 2004, revenant d'un long séjour privé en Europe, alors que certaines rumeurs l'avaient annoncé mort–que beaucoup dirent à l'époque avoir été instiguées par lui pour tester sa popularité auprès de ses administrés-, Paul Biya déclara, railleur, aux journalistes des médias gouvernementaux accourus à sa descente d'avion : « Il paraît qu'il y en a qui s'intéressent à mes funérailles. Eh bien, dites-leur que je leur donne rendez-vous dans une vingtaine d'années ».

13 ans après ce calembour, le président camerounais est plus vivant que jamais. Et quoique parfois fantomatique, à telle enseigne que des activistes de la diaspora se sont sentis obligés un temps d'aller le tirer véhémentement d'un de ses moments privilégiés de paresse dans un établissement hôtellier genevois pour qu'il retourne diriger dans son pays la guerre contre la secte terroriste Boko Haram qu'il avait lui-même noblement engagée, il est plus que jamais président, et en redemande. Il ne reste plus qu'à lui souhaiter longue vie !

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