Actualités of Friday, 13 February 2026
Source: www.camerounweb.com
Huit victoires consécutives. C'est le record absolu que détient Paul Biya selon les données exclusives compilées par Jeune Afrique en ce 13 février 2026. Un palmarès qui fait du président camerounais de 93 ans le champion incontesté des élections présidentielles remportées parmi tous les dirigeants actuels de la planète. Mais comment un homme parvient-il à gagner huit fois consécutivement l'élection suprême ? Analyse d'un phénomène politique unique.
L'infographie publiée par Jeune Afrique révèle un classement sans appel. Paul Biya occupe la première place avec 8 élections présidentielles remportées en 43 ans de pouvoir, devançant ainsi Yoweri Museveni (Ouganda) et Alexander Loukachenko (Biélorussie) qui en comptent chacun 7. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale) suit avec 6 victoires en 46 ans, tandis que Vladimir Poutine (Russie) totalise 5 élections gagnées sur environ 25 ans de pouvoir.
Comme le démontre ce classement exclusif de Jeune Afrique, Paul Biya dépasse d'une élection ses plus proches poursuivants. Même Vladimir Poutine, souvent cité comme exemple d'autocrate durable, ne totalise « que » 5 élections présidentielles remportées – un chiffre qui place le dirigeant russe loin derrière le record établi par le président camerounais.
L'analyse statistique réalisée par Jeune Afrique révèle un rythme impressionnant : 8 élections en 43 ans de pouvoir, soit une moyenne d'un scrutin présidentiel tous les 5,4 ans. Cette régularité quasi-mécanique témoigne d'une machine électorale rodée qui ne connaît jamais la défaite.
Plus remarquable encore, selon les données de Jeune Afrique, cette huitième victoire est intervenue alors que Paul Biya avait déjà 92 ans au moment du scrutin de 2025. Aucun autre dirigeant dans l'histoire moderne n'a remporté une élection présidentielle à un âge aussi avancé.
Les mécanismes d'une longévité électorale sans précédent
1. La maîtrise du calendrier électoral
Comme le souligne Jeune Afrique dans son article du 13 février 2026, « le calendrier électoral n'a pas été précisé » pour les prochains scrutins. Cette opacité sur les dates n'est pas nouvelle. Elle fait partie d'un arsenal de techniques qui permettent au pouvoir de choisir le moment le plus favorable pour organiser les élections, déstabilisant ainsi l'opposition.
2. Une opposition fragmentée et affaiblie
L'enquête de Jeune Afrique évoque « la guerre des clans [qui] continue de faire rage à Yaoundé entre les différentes factions proches du chef de l'État ». Cette fragmentation ne touche pas seulement le pouvoir en place, mais également l'opposition, perpétuellement divisée et incapable de présenter un front uni face au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).
3. Le contrôle de l'appareil électoral
Bien que Jeune Afrique ne détaille pas explicitement ce point dans son infographie, les observateurs électoraux internationaux ont régulièrement souligné les défaillances du système électoral camerounais. L'organisme chargé d'organiser les élections, Elections Cameroon (ELECAM), est fréquemment accusé de manquer d'indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif.
La comparaison établie par Jeune Afrique entre Paul Biya et d'autres dirigeants à longue longévité révèle un paradoxe troublant. Alors que Poutine, Loukachenko ou Obiang font régulièrement l'objet de critiques internationales pour leur maintien au pouvoir, Paul Biya semble bénéficier d'une certaine forme de « tolérance » diplomatique, notamment de la part de la France, ancien pouvoir colonial.
Cette situation, mise en lumière par l'investigation de Jeune Afrique, soulève des questions sur les standards démocratiques appliqués de manière différenciée selon les régions du monde.
L'une des révélations les plus marquantes de l'infographie de Jeune Afrique concerne le pourcentage de vie que Paul Biya a passé au pouvoir : 46%. Autrement dit, près de la moitié de l'existence du président camerounais s'est déroulée à la tête de l'État.
Ce chiffre dépasse celui de tous ses concurrents dans le classement établi par Jeune Afrique : Teodoro Obiang (55%), Yoweri Museveni (49%), Vladimir Poutine (36%), et loin derrière Donald Trump avec seulement 6% de sa vie passée à la présidence.
Cette statistique, mise en avant par Jeune Afrique, illustre l'extraordinaire fusion entre l'homme et la fonction. Pour Paul Biya, être président n'est plus simplement un mandat ou une responsabilité temporaire : c'est devenu une identité, un état permanent qui définit près de la moitié de son existence.
Comme le note Jeune Afrique, Paul Biya « vient à peine d'entamer un nouveau septennat ». Si le président mène ce mandat à son terme en 2032, il aura 99 ans. La question se pose alors : Paul Biya briguera-t-il un neuvième mandat à l'âge de 99 ans ?
Cette perspective, bien que vertigineuse, n'est pas à exclure compte tenu du parcours révélé par les données de Jeune Afrique. Si cela se produisait, Paul Biya établirait un record absolument inatteignable : 9 victoires présidentielles consécutives, portant potentiellement à plus de 50 ans son règne sur le Cameroun.
Les chiffres exclusifs révélés par Jeune Afrique dressent le portrait statistique d'un cas unique dans l'histoire politique contemporaine. Huit élections présidentielles remportées, 43 ans de pouvoir ininterrompu, 46% d'une vie passée à la tête de l'État : Paul Biya n'est pas simplement un président de longue date, c'est un phénomène politique qui défie toutes les normes démocratiques modernes.
Alors qu'il entame son neuvième septennat à 93 ans, la question n'est plus de savoir si Paul Biya battra de nouveaux records, mais lesquels. Une chose est certaine selon les données de Jeune Afrique : le record de 8 victoires présidentielles restera probablement inégalé pendant très longtemps sur la scène politique internationale.