Alors que le chef d'état-major des armées, René Claude Meka, reste absent de son poste pour raisons de santé depuis le premier trimestre 2026, une lecture attentive du récent mouvement militaire opéré par Paul Biya, telle que documentée par une enquête de Jeune Afrique, révèle une priorité stratégique claire : sécuriser en priorité son propre dispositif de protection personnelle, plus que la chaîne de commandement générale de l'armée.
Jeune Afrique établit un constat frappant : à l'issue de ce mouvement, ce sont désormais quatre généraux qui dirigent directement les unités chargées de la protection du chef de l'État. L'enquête cite Emmanuel Amougou, à la tête de l'état-major particulier du président, Ivo Desancio Denwo, patron de la Direction de la sécurité présidentielle, Joseph Fouda, conseiller spécial, et désormais Raymond Jean Charles Beko'o Abondo, tout juste promu à la tête de la garde présidentielle. Une concentration de généraux autour de la seule personne du président qui, selon l'enquête, illustre une logique de verrouillage rapproché plutôt que de réorganisation d'ensemble des forces de défense.
Une vacance de fait au sommet de la chaîne de commandement
Jeune Afrique relève par ailleurs que malgré l'absence prolongée de René Claude Meka à la tête de l'état-major des armées, aucune nomination n'a été faite pour le remplacer directement à ce poste : c'est le général Ebaka Hypolite, nommé major-général des armées, qui devient de fait le numéro deux, et donc la nouvelle figure de référence opérationnelle de l'institution militaire. Une solution qui maintient une forme de flou statutaire au sommet de la hiérarchie militaire, pendant que la sécurité rapprochée du président, elle, ne souffre visiblement d'aucune ambiguïté.
Ce que cette asymétrie révélée par Jeune Afrique traduit, c'est une hiérarchisation implicite des priorités présidentielles : alors que le sommet de la chaîne de commandement de l'armée reste dans une forme d'incertitude prolongée, faute de remplacement clair du chef d'état-major, la protection immédiate de la personne du président, elle, vient d'être considérablement renforcée. Un choix qui, dans le contexte d'absence prolongée et de rumeurs persistantes sur son état de santé, en dit peut-être plus long sur les inquiétudes réelles du pouvoir que n'importe quelle déclaration officielle.









