Actualités of Friday, 13 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Paul Biya : 75 ans d'écart avec ses citoyens, un gouffre générationnel sans précédent

Paul Biya Paul Biya

À 93 ans, Paul Biya n'est pas seulement le chef d'État le plus âgé de la planète. Selon les données exclusives publiées par Jeune Afrique ce 13 février 2026, le président camerounais détient un autre record bien plus révélateur : celui de l'écart générationnel le plus abyssal entre un dirigeant et sa population.



L'infographie exclusive de Jeune Afrique révèle un chiffre stupéfiant : avec un âge médian de 18 ans au Cameroun, Paul Biya affiche un écart de 75 ans avec ses concitoyens. Pour mieux saisir l'ampleur de ce fossé, cela signifie que le président camerounais a plus de quatre fois l'âge de la moitié de sa population.
Cette situation place le Cameroun dans une catégorie à part. Selon l'analyse comparative menée par Jeune Afrique, aucun autre grand pays au monde ne connaît une telle distorsion générationnelle entre son dirigeant et sa population. Pour illustrer ce phénomène unique, imaginons qu'un Camerounais né aujourd'hui devrait vivre jusqu'à 168 ans pour rattraper l'âge actuel de son président.

Les données de Jeune Afrique permettent une comparaison édifiante avec d'autres dirigeants mondiaux à longue longévité :

-Yoweri Museveni (Ouganda) : 64 ans d'écart avec une population médiane de 17 ans
-Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale) : 61 ans d'écart avec une population médiane de 22 ans
-Narendra Modi (Inde) : seulement 47 ans d'écart avec une population médiane de 28 ans
-Donald Trump (USA) : un écart de 40 ans avec une population médiane de 39 ans

Comme le souligne l'investigation de Jeune Afrique, Paul Biya devance même Yoweri Museveni de 11 ans dans ce classement peu enviable. Cette différence s'explique par la jeunesse particulière de la population camerounaise, où plus de la moitié des habitants ont moins de 18 ans.

Les révélations de Jeune Afrique mettent en lumière un paradoxe troublant : 75% des Camerounais n'étaient pas nés lorsque Paul Biya est arrivé au pouvoir en 1982, il y a 43 ans. Pour cette majorité écrasante de la population, Paul Biya n'est pas simplement « un président parmi d'autres » – c'est le seul président qu'elle ait jamais connu.

Cette situation crée ce que les analystes cités par Jeune Afrique appellent une « fossilisation politique » : comment un dirigeant né en 1933, ayant grandi dans le Cameroun colonial français, peut-il comprendre et répondre aux aspirations d'une génération née avec Internet, les smartphones et les réseaux sociaux ?


L'enquête de Jeune Afrique révèle un autre fait remarquable : Paul Biya vient tout juste d'entamer un nouveau septennat. Si le président camerounais mène ce mandat à son terme, il aura 100 ans en 2033, et l'écart générationnel pourrait atteindre 82 ans si l'âge médian de la population reste stable.


Cette perspective, mise en avant dans l'analyse de Jeune Afrique, soulève des questions cruciales sur la gouvernance et la représentativité démocratique. Comment un système politique peut-il prétendre représer les intérêts d'une population lorsque son dirigeant appartient littéralement à une autre époque ?

Si Paul Biya détient le record absolu, Jeune Afrique note que le phénomène du « fossé générationnel présidentiel » touche particulièrement l'Afrique subsaharienne. Sur les cinq plus grands écarts répertoriés par le magazine, quatre concernent des pays africains (Cameroun, Ouganda, Guinée équatoriale, et Congo).

Cette concentration géographique, soulignée dans l'enquête de Jeune Afrique, n'est pas le fruit du hasard. Elle reflète une réalité démographique – l'Afrique subsaharienne a la population la plus jeune du monde – couplée à des systèmes politiques qui permettent la perpétuation de dirigeants vieillissants.

Les données exclusives révélées par Jeune Afrique à l'occasion du 93ᵉ anniversaire de Paul Biya dressent le portrait d'un phénomène politique unique : un président qui gouverne une population dont il pourrait être l'arrière-grand-père.

Avec ses 75 ans d'écart avec l'âge médian de ses concitoyens, Paul Biya incarne à lui seul les contradictions d'une Afrique où la jeunesse démographique cohabite avec une gérontocratie politique tenace. Un record mondial qui interroge sur l'avenir de la gouvernance démocratique sur le continent.