Actualités of Tuesday, 27 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Pas de remaniement depuis 2019, un vice-président jamais nommé, dix mille départs pour le Canada : le « pouvoir à l’arrêt », selon Jeune Afrique

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Il promet des changements, mais ne remanie pas, fait créer un poste de vice-président, mais ne le pourvoit pas, résume Jeune Afrique. Le magazine dresse le bilan de la première année du nouveau mandat de Paul Biya.

Une vice-présidence vide. Selon Jeune Afrique, la modification constitutionnelle du 4 avril, portant création d’un poste de vice-président, a « un goût d’inachevé » : six mois plus tard, personne n’a été nommé. Le magazine cite un blogueur qui avait persiflé que le président le nommerait « quand les poules auront des dents », et un diplomate européen, récemment parti de Yaoundé, qui affirme que les Occidentaux ont soutenu la réforme pour éviter un changement brutal à la tête de l’État et escompter « une transition constitutionnelle douce ». Jeune Afrique estime que les capitales occidentales n’osent pas bousculer celui qu’elles ont érigé en seul garant de la stabilité sous-régionale.

Un gouvernement figé. Le magazine rappelle que l’exécutif n’a pas été remanié depuis 2019, malgré le décès d’une demi-dizaine de ses membres. Le 10 février, indique Jeune Afrique, le président a annoncé qu’il nommerait un nouveau gouvernement. La préfectorale n’a pas non plus été réaménagée : des dizaines de préfets et quasi tous les dix gouverneurs de région ont atteint l’âge de la retraite.

Une hécatombe au sommet. Jeune Afrique dresse la liste des décès de l’année : Marcel Niat Njifenji, président du Sénat, le 11 avril à 91 ans ; Cavaye Yeguié Djibril, président de l’Assemblée nationale, le 6 mai ; Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, le 4 octobre. Le magazine mentionne aussi deux membres manquants au Conseil constitutionnel, le général Simon Ezo’o Mvondo, commandant de la première région militaire, et le chef d’état-major des armées, René Claude Meka, 87 ans, en congé maladie depuis plusieurs mois.

Corruption et sinistrose. Selon le magazine, les pratiques corruptives se sont banalisées, y compris dans les forces de défense et de maintien de l’ordre. Il rappelle qu’une quarantaine de policiers ont été inculpés et placés en détention mi-octobre pour un présumé trafic de carburant, et affirme que le phénomène touche aussi la gendarmerie et l’armée. Il s’appuie sur la dégradation des routes, les difficultés de ramassage des ordures, les coupures d’eau et d’électricité.

Une jeunesse qui part. Jeune Afrique indique que 10 355 Camerounais se sont installés au Canada en 2025, soit une hausse de 32 % sur un an. Il cite un chef d’entreprise de Douala, qui dit voyager avec sa femme « à la manière de polytraumatisés en quête de soutien psychologique », et le consultant Dieudonné Essomba : « Le sommet n’existe plus. Nous n’avons plus de président. »

Un opposant en exil. Le magazine rappelle qu’Issa Tchiroma Bakary a fui au Nigeria après avoir été informé, selon lui, d’un projet d’arrestation, qu’il a fait l’objet d’une tentative d’enlèvement dans le nord-est du pays, et qu’il vit aujourd’hui en Gambie dans une résidence protégée par des soldats nigérians. Ce sont des éléments rapportés par le magazine, sans source nommée.