Actualités of Thursday, 20 August 2026
Source: www.camerounweb.com
Juste après l’atterrissage de l’avion présidentiel à Yaoundé, une lettre ouverte interpelle Paul Biya et l’appelle à s’attaquer à plusieurs dossiers jugés sensibles. Il s’agit notamment du sacre des Lionnes Indomptables, les soupçons autour de la disparition de 44 tonnes d’or, le financement de la visite du pape, l’affaire Martinez Zogo, la SONARA, le drame de Zamboï ainsi que les problèmes liés à la santé et au foncier.
Monsieur le Président de la République,
Permettez moi, en ce jour de votre retour au Cameroun, de vous souhaiter respectueusement la bienvenue.
“Salve, Magister Rei Publicae” — salut à celui qui porte la charge de la République.
Je prends la plume pour vous rendre compte, avec loyauté et gravité, des dossiers qui attendent votre haute autorité après dix sept heures ce jour. Je le fais en citoyen, en intellectuel, en professeur, mais aussi en homme qui croit encore que la vérité peut sauver une nation.
“Veritas liberabit nos” — la vérité nous libérera.
I. Les Lionnes Indomptables : honneur aux championnes et mémoire aux bâtisseuses
Monsieur le Président, les Lionnes Indomptables ont remporté la Coupe d’Afrique des Nations.
En les recevant, je vous prie humblement d’y associer la mémoire de toutes les Camerounaises — joueuses, entraîneuses, bénévoles, pionnières — qui, pendant plus de vingt ans, ont construit brique par brique le football féminin dans notre pays.
Elles ont travaillé dans l’ombre, souvent sans moyens, parfois sans reconnaissance. Elles méritent que la République les honore.
“Honos praemium virtutis” — l’honneur est la récompense de la vertu.
II. Les 44 tonnes d’or : un dossier qui exige votre parole
Pendant votre absence, nous avons appris que certains ministres et directeurs généraux auraient détourné 44 tonnes d’or.
Monsieur le Président, ce dossier ne peut rester dans les limbes administratives. Il doit être ouvert par vous, clairement, publiquement, fermement.
Car si la République ne protège plus ses richesses, elle ne protège plus son peuple.
Et si la vérité ne sort pas de ce dossier, alors c’est la confiance nationale qui s’effondre. “Fiat iustitia, ruat caelum” — que la justice soit faite, même si le ciel doit s’écrouler.
III. La visite du Pape : deux versions, une vérité nécessaire
Le Vatican affirme avoir financé intégralement la visite du Saint Père au Cameroun. Le gouvernement affirme avoir financé la même visite.
Deux vérités contradictoires ne peuvent coexister dans une République.
Je vous prie, Monsieur le Président, de saisir la Conférence Épiscopale Nationale du Cameroun afin que la lumière soit faite.
Car la foi ne peut être instrumentalisée, et la République ne peut être trompée. “Lux in tenebris lucet” — la lumière brille dans les ténèbres.
IV. L’affaire Martinez Zogo : la justice doit aller jusqu’au bout
Le Capitaine Effoudou, mon neveu, affirme savoir qui a donné l’ordre d’éliminer Martinez Zogo.
Nous souhaitons que justice soit faite, totalement, profondément, sans compromis.
Et si ceux qui sont en prison sont réellement innocents, qu’ils soient libérés.
La justice n’est pas vengeance : elle est vérité.
“Iustitia est fundamentum regnorum” — la justice est le fondement des États.
V. La SONARA : un incendie qui ne peut rester sans réponse
Pendant votre absence, nous avons appris que votre Ministre d’État, Secrétaire Général de la Présidence, aurait donné l’ordre de brûler les installations de la SONARA.
Monsieur le Président, ce dossier ne peut être enterré. Il engage la souveraineté énergétique du Cameroun, la sécurité nationale, et la confiance du peuple.
La République ne peut vivre dans le soupçon.
Elle doit vivre dans la vérité.
VI. Zamboï : les morts ne connaissent pas les frontières
Il y a deux jours, un éboulement de terrain a frappé Zamboï, du côté de Garoua Boulaï. Votre Ministre de la Communication a déclaré que ce n’était pas le Zamboï du Cameroun, mais celui de la RCA.
Mais les morts, Monsieur le Président, eux, ne connaissent pas les frontières.
Ils ne sont ni camerounais ni centrafricains : ils sont humains.
Et la République doit répondre à la douleur humaine.
“Homo sacra res homini” — l’homme est chose sacrée pour l’homme.
VII. La santé, le foncier, et l’avenir : ce que je refuse d’hériter
Monsieur le Président, il existe un dossier brûlant sur la santé dans notre pays.
Je vous prie d’y veiller personnellement, car mon aspiration légitime étant de vous succéder un jour, je ne souhaite pas hériter d’un système de santé en ruine.
Il en va de même du foncier, gangrené par des entreprises à prête nom, des spoliations, des injustices, des manipulations.
Le Cameroun ne peut continuer à se défaire de son propre territoire.
“Patria est communis omnium parens” — la patrie est la mère commune de tous.
VIII. Ce que je vous demande, ce que je vous promets
Monsieur le Président, je vous demande de regarder ces dossiers avec la hauteur de l’État, la rigueur du droit, la sagesse de l’histoire.
Et je vous promets, en tant que citoyen, professeur, intellectuel engagé, de continuer à dire la vérité, à défendre la justice, à protéger la République.
Car comme le disait Alain :
« Penser, c’est vouloir ; vouloir, c’est agir. »
Et comme le disait Cicéron :
“Salus populi suprema lex esto” — que le salut du peuple soit la loi suprême.
Je dédie cette lettre à tous les anonymes qui ont refusé le silence, à tous les morts sur nos routes, dans nos hôpitaux faute de soin, à toutes les victimes de la misère provoquée par vos collaborateurs, oui à tous ces morts qui hier ont été à nos côtés, et qui ne sont plus de ce monde y compris dans notre esprit.
“Non omnis moriar” — je ne mourrai pas tout entier.
Leur courage demeure dans chaque mot de cette lettre.
Prof. Vincent Sosthène FOUDA