Dans son discours, le 8 janvier dernier, en réponse aux vœux du corps diplomatique, le président camerounais a déclaré que « la voie des armes est très souvent une voie sans issue ».
Le jeudi 8 janvier 2026, lors de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du nouvel an au corps diplomatique accrédité à Yaoundé, au Palais de l'Unité, le président Paul Biya a dénoncé avec vigueur les « violations de la souveraineté des États » et les « atteintes au droit international » découlant de « l'émergence de l'unilatéralisme ». Ces termes, prononcés dans un contexte mon- dial difficile marqué par le retour tonitruant de Donald Trump à la Maison blanche, mettent en lumière la position du Cameroun face à la solidarité internationale.
« Nous pouvons légitimement nous féliciter des progrès que nous avons pu réaliser ensemble, pour rendre le système international plus à même de répondre aux défis mondiaux actuels. L’adoption, le 22 septembre 2024, du Pacte pour l’avenir, ainsi que de ses annexes sur le numérique mondial et les générations futures, sont à juste titre unanimement salués », a souligné le chef de l’État camerounais qui s’est également félicité de l’adoption à Yaoundé, en juillet 2025, de la Déclaration sur l’économie bleue durable, au terme de la Conférence internationale qui s’est tenue sur la question.
Devant les membres du corps diplomatique, Paul Biya a fait remarquer que malgré les efforts méritoires de la communauté internationale, le monde entier continue d’être confronté aux affres du terrorisme, aux multiples atteintes à la souveraineté des États et au recul du droit international. Il a noté que les crises et les conflits qui prolifèrent, avec leur cortège de pertes en vies humaines et de destructions de toutes sortes, n’épargnent aucune région du monde.
« Cette situation, on le sait, a des conséquences négatives sur le développement de nos pays et le bien-être de nos populations. Si nous continuons dans cette spirale, il y a lieu de craindre, Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique, que le système international, que nous avons mis tant de temps et d’efforts à bâtir, ne finisse par s’effondrer. Il y a quelque temps, en ces lieux et dans les mêmes circonstances, j’ai lancé un appel vibrant en faveur du dialogue et de la conciliation. Je voudrais le redire aujourd’hui. La voie des armes et de la violence est très souvent une voie sans issue. Une paix durable et juste, qui seule peut véritablement garantir la survie de l’humanité, passe nécessairement par d’autres moyens, qui ne sauraient être ceux de la guerre. Il est de la responsabilité de la communauté internationale et tout particulièrement des Nations unies d’y veiller », va-t-il marteler.
Et d’ajouter : « C’est pourquoi je ne cesserai de plaider pour un renforcement du rôle de notre Organisation commune. Il est d’une importance fondamentale que nous puissions lui donner les moyens et le soutien nécessaires pour mener à bien ses missions au service de notre humanité. Pour notre bien à tous ».
S’il ne vise pas directement la politique étrangère agressive du nouveau président américain, le locataire d'Etoudi a saisi l’occasion pour redire que l’engagement du Cameroun en faveur du développement, de la paix et de la concorde entre les peuples, ou de la défense des différentes causes qui concernent la survie de l’humanité, ne faiblira jamais. Selon lui, le Cameroun continuera à jouer pleinement le rôle qui est le sien dans le concert des Nations.
« C’est dans ce sens que mon pays abritera, cette année, la 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce. Ce sera une occasion supplémentaire de magnifier les vertus du multilatéralisme, dans un contexte où la tentation du retour à l’unilatéralisme se fait de plus en plus forte », a-t-il rappelé. Avant d’assurer aux membres du corps diplomatique, de la détermination du Cameroun à continuer d’œuvrer, avec leurs pays respectifs, au renforcement de ces relations fructueuses, dans un esprit de confiance et de respect mutuels.
Source : L'Indépendant n°992









