Actualités of Saturday, 10 October 2026

Source: www.camerounweb.com

ÉPERVIER : La mise en examen de Mbarga Nguele et de ses proches exigée

Nul ne peut accorder du crédit à la mise en scène judiciaire du TCS Nul ne peut accorder du crédit à la mise en scène judiciaire du TCS

Le placement en détention d’une cinquantaine de policiers dans le cadre de l’affaire présumée de détournement de carburant à la DGSN, portant sur près de 40 milliards de FCFA selon les accusations rapportées, suscite des critiques sur l’impartialité de la procédure judiciaire. Il est reproché au TCS de s’en prendre principalement aux exécutants présumés tout en épargnant les hauts responsables susceptibles d’avoir exercé un contrôle sur la gestion du carburant. Martin Mbarga Nguele, le commissaire Vincent de Paul Mevaa et Philomène Mbarga Nguele sont principalement mis en cause.

Scandale de détournement du carburant à la DGSN: Nul ne peut accorder du crédit à la mise en scène judiciaire du TCS

Dans le scandale du détournement du carburant à la DGSN, le TCS vient de donner une preuve supplémentaire qu'il est un tribunal-instrument. C'est à dire, un simple instrument que le pouvoir utilise contre ses adversaires internes mais également comme un coupe-feu judiciaire qui est enclenché chaque fois que des scandales financiers, nombreux sous règne du clan Biya, menace l'effondrement de l'édifice.

Sous toutes les réserves, on parle de 40 milliards de francs CFA qui auraient été détournés sur plusieurs années à la Délégation Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), et pas d'un braquage dont le butin serait du même montant.

Ce qui signifie que l'argent détourné l'a été à travers des écritures comptables qui venaient masquer le vol du carburant durant toutes ses années. Qui est le Patron, et accessoirement le "Père de la Police"? N'est-ce pas Martin Mbarga Nguele?

Quel est le service chargé de contrôle de l'achat, du contrôle de la livraison effective des stocks, du contrôle des quantités et de l'utilisation ? On peut légitimement penser que c'est, en principe, le service financier de la police. Même si on peut ajouter que le fameux commissaire principal Vincent de Paul MEVAA, le patron opérationnel de police chargé de la sécurité, de la sûreté, bref, le "Super Flic" ne peut convaincre personne qu'il n'était pas au courant du trafic du carburant à la DGSN.

Il est de notoriété publique à la police que l'épouse du DGSN, Martin Mbarga Nguele, madame Philomène Mbarga Nguele avait pour une dotation officielle de carburant pour faire tourner son complexe hôtelier privé, "SANAGA BEACH" situé à Nkoteng, dans la Haute Sanaga. C'est l'inspecteur de police principal Beyala Nnomo, qui à bord du pickup immatriculé CE 301GP, assurait la livraison de ce carburant volé chaque semaine. Soit 2400 litres /semaine. À côté, le camion de l'hôtel "SANAGA BEACH" qui assure le service traiteur, consommait à la soute de DGSN tous les week-ends. Les registres dans lesquels des empreintes sont apposées et l'exploitation des vidéos peuvent attester de l'implication de madame Philomène Mbarga Nguele dans le trafic du carburant de la DGSN. Le samedi 10 octobre 2026, au petit matin, les maillons les plus faibles du gang du carburant à la DGSN a été placé sous mandat de dépôt par les juges d'instruction du TCS. En effet, près de cinquante fonctionnaires de police, dont six femmes, ont été conduit à la prison centrale de Kodengui-Yaoundé.

Sans être en mesure d'établir leurs responsabilités dans ce trafic géant du carburant, nul ne peut accorder le moindre crédit aux enquêtes de magistrats du TCS.

Les "Gros poissons" ont été soigneusement maintenus en dehors de la procédure judiciaire.

Or il est impossible que Martin Mbarga Nguele, et les responsables de la chaîne financière et logistique de la police nationale soient n'aient découvert ce gros trafic qu'avec l'ouverture de cette enquête judiciaire.
Disons les choses simplement, le TCS a joué, comme dans d'autres grands scandales financiers qui touchent les dignitaires encore protégés du régime, le rôle de coupe-feu. Pourquoi Philomène Mbarga Nguele, le commissaire Vincent de Paul MEVAA et les autres protégés du système sont encore en liberté ?

C'est toute une compagnie de police qui vient d'être placée sous mandat de dépôt. On peut aisément imaginer que les éléments de cette curieuse compagnie défendaient avez zèle les hold-up électoraux successifs, 2018 et 2025, torturaient les opposants politiques du MRC et autres qu'ils ont arbitrairement et illégalement arrêtés pour permettre à, Paul BIYA, 94 ans, Martin Mbarga Nguele, 95 ans et à tous ceux qui les ont aujourd'hui jeté en prison, de conserver illégalement le pouvoir. Probablement, certains parmi ceux que nous plaignons aujourd'hui, non pas parce que nous sommes en mesure de dire qu'ils sont innocents, mais simplement parce que nous déplorons le deux poids et deux mesures qui est à l'œuvre dans la gestion juridique que fait le TCS de leur affaire, ont tué à bout portant des manifestants non armés qui dénonçaient le hold-up électoral du régime BIYA-RDPC qui les écrase aujourd'hui. Ils ont, probablement, comme c'est de mode pour démontrer sa loyauté au pouvoir, torturé les militants pacifiques en leur jetant à la figue le fameux, "Kamto ne sera jamais Président au Cameroun" ou, "Un Nordiste ne sera jamais Président de République tant que la Capitale politique du Cameroun sera à Yaoundé".

Ces policiers, qui habituellement, ont tant de mépris pour les droits de la défense, et plus précisément pour le respect du Code de Procédure Pénale, dans les affaires politiques vont désormais comprendre que l'état de droit est un bien commun pour lequel, chacun, dans son domaine de compétence, et quels que soient ses opinions politiques, doit œuvrer de façon patriotique. Ça, l'ancien tortionnaire Léopold Maxime Eko Eko, ex directeur de la funeste DGRE, et ses hommes l'ont déjà certainement bien appris.

Que les magistrats corrompus du TCS et tous les dignitaires du régime qui bénéficient encore de la protection mafieuse du pouvoir sortent, pendant qu'il est encore temps de l'orgueil du pouvoir, et méditent la très philosophique et désormais célèbre interpellation de Jean Pierre Amougou Belinga qui avait, sans manifestement y croire lui-même lancé: " N'oubliez jamais que les choses peuvent changer !"

Ironie de l'histoire, la curieuse compagnie de police qui vient de prendre ses quartiers au sein de la prison centrale de Kodengui-Yaoundé pour une durée qui pourrait être très longue, au regard des rumeurs qui circulent sur les montants faramineux détournés dans ce trafic de carburant à la DGSN, arrive lorsque l'essentiel des Otages Politiques du MRC arbitrairement arrêtés et illégalement condamnés à l'occasion des marches pacifiques du 22 septembre 2020 quittent la prison. De même, ils démarrent leur long parcours judiciaire à la veille de la libération du gros des dizaines de citoyens arbitrairement arrêtés au faciès et sur la base de leurs patronymes semblables à celui-ci de Issa Tchiroma Bakary, après les contestations des résultats de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, sauvagement torturés qui viennent d'être illégalement condamnés par le tribunal militaire de Yaoundé à des peines politiques allant de six à quinze mois de prison ferme pour avoir exprimé leurs droits constitutionnels.

Il reste encore quelques Otages Politiques du MRC et de la crise postélectorale d'octobre 2025 en prison, avec qui ces fonctionnaires de police pourront prendre tout le temps de discuter de l'importance de l'état de droit, de la démocratie, des élections libres et transparentes dans un pays. Mais également de l'intérêt pour tous les citoyens d'une nation d'unir leurs forces, quels que soient les avantages même indus, qu'ils pourraient tirer d'une dictature, pour défendre en tout temps et en tout lieu la justice et la démocratie.

Reste à souhaiter que tous ces Otages Politiques que eux et leurs collègues ont arrêté, en violation des lois, torturé avant de les livrer à la broyeuse judiciaire qu' est la justice camerounaise dans les affaires politiques, aient de la hauteur pour les accueillir avec l'humanisme qui a le fait défaut dans les services de police lorque eux ont été arbitrairement arrêtés.

Autrement dit, en raison de notre bon cœur, nous prions les Otages Politiques de la prison centrale de Kodengui-Yaoundé de protéger ces malheureux serviteurs zélés de la dictature aujourd'hui en disgrâce. Démontrez-leur que vous vous battiez pour la République, même si en face, eux ils servaient un homme, un clan, ingrat.

Paul Chouta