Actualités of Friday, 14 August 2026
Source: www.camerounweb.com
Dans une de ses confidences, le lanceur d’alerte, Boris Bertolt met en évidence la faible efficience des investissements publics au Cameroun. Selon lui, seuls 50 % des ressources investies permettraient effectivement de créer du capital productif.
Alors que le Cameroun affiche des ambitions importantes en matière de développement économique et de modernisation des infrastructures, plusieurs indicateurs soulèvent des interrogations sur l’efficacité réelle des investissements publics et la capacité des administrations à transformer les ressources mobilisées en projets concrets et durables.
Selon des données attribuées à la Banque africaine de développement (BAD), le score d’efficience des investissements publics au Cameroun serait de 50 %. Autrement dit, sur 100 Fcfa investis, seuls 50 Fcfa permettraient effectivement de créer du capital productif, tandis que l’autre moitié serait absorbée par différentes inefficacités.
Ce constat met en lumière l’un des principaux défis auxquels le pays est confronté : la capacité à assurer une exécution efficace des projets financés par l’État.
Les difficultés observées dans plusieurs secteurs illustrent cette problématique. Dans le domaine universitaire, six projets sur six auraient connu des résultats jugés insatisfaisants. À Douala, neuf projets sur onze auraient également échoué à atteindre les objectifs initialement fixés.
Au niveau des administrations centrales, huit dossiers sur onze enregistreraient des retards significatifs, alimentant les inquiétudes sur les mécanismes de suivi, de coordination et d’exécution des programmes publics.
Ces chiffres interviennent dans un contexte où le Budget d’investissement public (BIP) représente seulement 23,4 % du budget national, estimé à 8 816,4 milliards de FCFA.
Cette proportion reste largement inférieure à l’objectif fixé par les autorités camerounaises, qui ambitionnent de porter la part des investissements publics à 40 % du budget national d’ici 2030.
Pour plusieurs observateurs, la question ne se limite plus uniquement au volume des ressources mobilisées, mais concerne désormais la qualité de la dépense publique.
L’efficacité d’un investissement ne se mesure pas uniquement aux montants engagés, mais également à sa capacité à produire des résultats concrets : construction d’infrastructures, amélioration des services publics, création d’emplois, développement du capital humain et stimulation de la croissance économique.
Les retards dans l’exécution des projets, les difficultés de coordination entre les administrations, les problèmes de gouvernance et les insuffisances dans le suivi des programmes constituent autant d’obstacles susceptibles de réduire l’impact des investissements publics.
Dans un contexte marqué par des besoins croissants en infrastructures, en éducation, en santé et en développement territorial, la question de l’efficience des dépenses publiques apparaît désormais comme un enjeu majeur pour l’avenir du Cameroun.
L’atteinte des objectifs fixés pour 2030 passera non seulement par une augmentation des investissements, mais également par une amélioration des mécanismes de planification, d’exécution, d’évaluation et de contrôle des projets publics.
Car au-delà des chiffres, c’est la capacité de l’État à transformer les ressources publiques en réalisations concrètes qui déterminera la réussite des politiques de développement du pays.
Boris Bertolt