Actualités of Wednesday, 10 June 2026
Source: www.camerounweb.com
Des voix s’élèvent pour dénoncer la mauvaise gouvernance des entreprises publiques camerounaises, où de nombreux dirigeants continuent d’occuper leurs fonctions malgré l’expiration de leur mandat, en violation de la loi de 2017. Cette situation aurait coûté près de 195 milliards de FCFA à l’État entre 2020 et 2024, tandis que certains responsables ont continué à percevoir des rémunérations jugées irrégulières.
195milliards de FCFA engloutis
Quand les patrons d'entreprises publiques vident les caisses de l'État
Au Cameroun, les textes juridiques sont clairs mais leur application reste invisible. La loi du 12 juillet 2017 stipule qu’un directeur général ne peut pas passer plus de 9 ans à la tête d’une entreprise publique. Pourtant, en 2024, plus de la moitié des postes de direction clés étaient vacants ou occupés par des responsables hors mandat.
Ces dirigeants n'ont plus aucune légitimité juridique. Ils gèrent des budgets immenses sans avoir le droit de signer le moindre contrat à long terme. Cette paralysie stratégique empêche la modernisation de secteurs vitaux comme l’énergie, où la récente reprise en main de l'électricien national Eneo fait peser de lourds risques sur le réseau et l’économie.
Cette crise de gouvernance ne se résume pas à une simple négligence administrative. C'est un désastre financier pour le contribuable camerounais. Entre 2020 et 2024, les défaillances de gestion de ces structures ont coûté 195 milliards de FCFA à l'État.
Pour donner une idée de l'ampleur du gâchis, ces milliards engloutis représentent l'équivalent de la construction de dizaines d'hôpitaux modernes ou d'écoles qui manquent cruellement à la population. Pendant ce temps, les dirigeants hors mandat ont continué de percevoir plus de 630 millions de FCFA de rémunérations et bonus totalement irréguliers. Ces entreprises ne produisent plus de richesse, elles absorbent la liquidité du pays.
Ce désordre institutionnel détruit la confiance des investisseurs étrangers. Les grandes agences de notation mondiales comme Fitch (qui maintient une Perspective Négative) et Moody’s classent désormais le Cameroun dans la catégorie des investissements à haut risque. Elles pointent directement du doigt la faiblesse de la gouvernance locale.
La conséquence est immédiate et douloureuse : le marché des titres publics est saturé. Pour réussir à emprunter l'argent nécessaire à la construction des routes ou des infrastructures de base, l’État camerounais est obligé de proposer des taux d'intérêt très élevés. La mauvaise gestion de dix directeurs d'entreprises alourdit ainsi durablement la dette de toute une nation.
Le gouvernement de Yaoundé va-t-il enfin appliquer ses propres lois et remplacer ces dirigeants hors mandat comme l'exige le FMI ? Le pays prépare son prochain programme financier avec l'institution pour l'année 2026, et le temps des compromis semble désormais révolu.
Nouvelle Télévision Africaine -NTA