Une vive polémique fait rage autour de la disparition présumée de pavés destinés au chantier de réhabilitation de la route menant au lycée bilingue de Mbaressoumtou, dans l’arrondissement de Nkongsamba 3ᵉ. Des habitants, soutenus par leur chef traditionnel, avaient dénoncé un supposé détournement de matériaux financés dans le cadre du programme HIMO. La découverte de plusieurs pavés dans une concession située à Ndogmoa semble renforcer les soupçons des populations.
SOUPÇONS DE DÉTOURNEMENT DE BIENS PUBLICS A LA COMMUNE D’ARRONDISSEMENT DE NKONGSAMBA 3EME…
Les pavés « volés » de Mbaressoumtou retrouvés à Ndogmoa ? La polémique enfle autour du chantier de revêtement du tronçon reliant la Nationale Numéro 5 à l’entrée du Lycée Bilingue de Mbaressoumtou, dans l’Arrondissement de Nkongsamba 3ème. Ce qui n’était, il y a encore quelques semaines, qu’une dénonciation populaire portée par les habitants du village réunis autour de leur chef traditionnel, Sa Majesté Ewane Panga Christian, semble aujourd’hui prendre une tournure plus préoccupante avec la découverte de plusieurs quantités de pavés dans une concession située à Ndogmoa, dans le deuxième arrondissement de Nkongsamba.
Les populations de Mbaressoumtou avaient alors dénoncé ce qu’elles qualifiaient déjà de « vol des pavés » destinés aux travaux financés dans le cadre du programme de Haute Intensité de Main d’Œuvre (HIMO). À l’époque, certains observateurs avaient tenté de minimiser ces accusations, les assimilant à de simples rumeurs alimentées par la frustration populaire. Pourtant, des images et vidéos parvenues à la rédaction de Le Vigile Républicain viennent désormais donner du crédit aux inquiétudes exprimées par les riverains.
Les pavés visibles dans cette concession de Ndogmoa correspondent manifestement à une partie du stock destiné au chantier de Mbaressoumtou. Même si l’identité du propriétaire des lieux reste inconnue à ce stade, cette découverte soulève de sérieuses interrogations sur la gestion des biens publics destinés aux infrastructures communautaires.
Au-delà de la seule affaire des pavés, c’est toute la problématique de la gouvernance locale qui ressurgit avec acuité. Dans un contexte où les populations attendent des élus locaux qu’ils soient les gardiens des intérêts collectifs, de telles pratiques renforcent le sentiment d’abandon et de trahison ressenti par de nombreux citoyens. Les fonds publics transférés par l’État pour améliorer les conditions de vie des populations semblent parfois détournés de leur vocation première au profit d’intérêts particuliers.
À Mbaressoumtou, la colère est perceptible. Un jeune habitant rencontré sur les lieux exprime son indignation : « L’État donne de l’argent pour nous faire une route, mais ils font du bricolage et, pour nous énerver, ils emportent nos pavés alors que le travail n’est même pas achevé. » Des propos qui traduisent le profond malaise des populations face à ce qu’elles considèrent comme une confiscation de leurs droits au développement.
Cette affaire intervient dans un climat où les citoyens observent avec de plus en plus de vigilance la gestion des ressources publiques. Dans plusieurs collectivités territoriales, les critiques se multiplient contre certains gestionnaires de la chose publique accusés de privilégier des intérêts personnels au détriment des besoins réels des populations. Une situation qui pourrait avoir des conséquences politiques majeures.
En effet, de nombreux observateurs estiment que ces pratiques risquent d’alimenter une fracture croissante entre les populations et les appareils politiques dont sont issus certains élus locaux. Lorsque les projets financés par les deniers publics deviennent synonymes de malfaçons, de détournements présumés ou d’abandons de chantier, le risque d’un vote-sanction devient de plus en plus réel. Les électeurs, désormais plus attentifs à l’utilisation des ressources publiques, pourraient choisir de sanctionner dans les urnes ceux qu’ils considèrent comme responsables de la dégradation de la confiance publique.
Sur le plan juridique, les habitants de Mbaressoumtou auraient déjà engagé des procédures administratives et judiciaires afin de dénoncer les malfaçons relevées sur le chantier et d’obtenir le retour des pavés retirés du site. Pour Me Nnoko Ehowe Marcelin, juriste, « s’il est avéré que ces pavés trouvés à Ndogmoa sont effectivement ceux prélevés sur le chantier de Mbaressoumtou, cela tombe sous la qualification de détournement de biens publics avec des préjudices connexes. Un juge saisi pourra rendre justice aux requérants. »
Cette sortie du juriste conforte les populations dans leur détermination à défendre ce qu’elles considèrent comme leur patrimoine collectif. Car au-delà des pavés, c’est la question de la transparence, de la redevabilité et du respect du bien public qui est désormais posée.
Les regards restent désormais tournés vers les autorités administratives et judiciaires saisies du dossier. Les habitants de Mbaressoumtou attendent des actes forts afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que les ressources publiques destinées au développement local soient effectivement utilisées au bénéfice des populations.
Titan Yonkeu









