Actualités of Monday, 1 June 2026

Source: www.camerounweb.com

Pédophilie au Cameroun : un média cite tous les coupables

« Gouroux pédophiles », Max Mpandjo appelle les choses par leur nom. Dans une sortie, le directeur de publication du journal l'Indépendant est vert de rage sur ce sujet de l’heure.

Indignation, condamnation, enquête puis oubli. Va-t-on retomber dans ce cycle infernal ? Les violences sexuelles subies par une fillette d’à peine trois ans à Odza révèlent l’ampleur de l’effondrement des valeurs morales et du délabrement de la conscience sur fond de pratiques mystico-religieuses.

Les stigmates des injustices et des violences multiformes que subissent les enfants les marquent pour toute la vie. Ils déstructurent leur personnalité au risque de compromettre leur projet de vie et d’en faire des citoyens susceptibles de reproduire les mêmes violences.

L’école, la famille, structures de socialisation par essence, ne garantissent plus la sécurité de l’enfance. L’innocence est ainsi volée et violée par des gourous en pédophilie appliquée. Ils ont vendu leur âme au diable. Il est loin le temps où Saint Augustin soutenait que : « La conscience est la voix de Dieu en l’homme ».

Ces gourous et leurs adeptes n’ont plus de conscience. Leur soif insatiable de gloire, de pouvoir, de richesse matérielle, en fait des loques humaines, glauques et rustres. Sinon qu’est-ce qui peut justifier qu’on s’en prenne avec une telle violence inouïe à un enfant complètement inoffensif et innocent ?

Ce viol de trop, ne saurait être un cas isolé. Outre qu’il rallonge la liste de ces destins brisés, il révèle les miasmes d’une société où la loi de l’omerta, le cercle vicieux des complicités et des solidarités crapules bradent les enquêtes. À coup sûr, nous sommes en plein dans le retour en force des crimes rituels. La longue attente d’un remaniement et des nominations des directeurs généraux des entreprises d’État n’arrange rien.

Dans un brûlot fait de rancœur et de chantage, « Méditations de prison », Titus Edzoa décrit ces pavillons de vampires où on mange la chair humaine faisandée, on boit du sang humain comme élixir, et on s’offre de jeunes puceaux et de jeunes filles à peine sorties de l’enfance qu’on dépucèle dans une rare violence. Derrière ces murs du silence, de la compromission, et de la part du clinquant, se joue le drame de la société Camerounaise. Des décennies à tourner en rond.

Le délabrement moral d’une société qui s’est délitée insidieusement sous notre complicité active ou passive. Le film de l’horreur se poursuit. Les acteurs ont tissé leur toile dans toutes les strates de la société. Deux femmes fonctionnaires de police peuvent s’offrir en spectacle dans une relation contre-nature, un prête d’un diocèse bien connu est pris en flagrant délit de corruption de la jeunesse sans que cela n’émeuve outre mesure. Les bourreaux sont parfois proches des victimes. Le cercle vicieux des complicités étouffe ces affaires qui s’évanouissent dans l’insubmersible amnésie de la société. Nous sommes tous coupables !