Actualités of Wednesday, 19 August 2026

Source: L'Indépendant n°1056

Ordures à Yaoundé : Onana trouve la formule magique

Insalubrité urbaine Insalubrité urbaine

Depuis le 17 juillet 2026, sous l’impulsion du Maire de la Commune de Yaoundé 6, la pré-collecte et le ramassage des ordures ménagères dans les 24 quartiers de cet arrondissement battent leur plein. Une opération pérenne, tous les vendredis, nécessitant d’importants capitaux. L’édile de la municipalité plaide à cet effet pour une décentralisation effective de ce service concentré à la Mairie de ville de Yaoundé.

La problématique de la collecte et de la gestion en général des ordures ménagères dans la cité capitale, se pose d’autant plus avec acuité qu’elle ne date pas d’aujourd’hui. De plus en plus, il y a saturation des déchets dans les ménages, dans les hôpitaux, le long des rues, le long des principales artères, et même dans les coins assez critiques tels que les rigoles et les marécages. Les instructions gouvernementales interdisant les points de collecte d’ordures ménagères le long des rues, étouffent les quartiers. Toujours est-il que les ordures collectées dans les marchés, dans les ménages, dans les quartiers, se retrouvent dans la nature, déversées partout.

Pour pallier au plus pressé, le Maire Jacques Yoki Onana s’est saisi de cette problématique et a entrepris une action forte de proximité. La démarche est simple. C’est de mettre en branle l’impressionnant parc d’engins dont dispose la mairie de Yaoundé 6, en allant auprès des ménages, auprès des marchés, auprès des hôpitaux, et pré-collecter les ordures ménagères. L’enjeu c’est qu’il ne faudrait plus que faute de passage régulier ou journalier des opérateurs officiels, Yaoundé 6 étouffe, qu’une épidémie s’enclenche dans un marché.

La question est un peu plus complexe. Il s’agit pour le Maire d’attirer l’attention des pouvoirs publics, en faisant savoir que même dans un cas simple, dans une maison, quelqu’un ne pourrait pas salir sa propre maison et qu’une autre personne vienne faire la propreté à sa place. Il est question pour le Maire de dire aux pouvoirs publics qu’ils peuvent faire confiance aux communes d’arrondissement, qui disposent des moyens humains et matériels, et qu’avec un accompagnement conséquent et adéquat, les communes peuvent elles-mêmes gérer leurs déchets. Même lorsque cette opération de pré-collecte est effectuée, le site de dépôt le plus proche, ne se trouve même pas dans l’arrondissement de Yaoundé 6e. Il se trouve plutôt dans l’arrondissement de Yaoundé 3e, au quartier Mvan. Or, avec l’accompagnement et des moyens, les mairies elles-mêmes peuvent créer des décharges locales.

Le jeudi 13 août 2026, l’emprise de la route principale au lieu-dit dit Pont de Tam-Tam, entièrement occupée par des montagnes d'immondices à la frontière entre les Communes d'Arrondissement de Yaoundé 3 et 6, a entièrement été nettoyée. Le vendredi 14 août 2026, Jacques Yoki Onana a bravé la pluie en mettant à contribution ses équipes opérationnelles pour l’enlèvement des ordures ménagères qui envahissaient toute la chaussée au lieu-dit Biyem Assi Montée Maison Blanche. Un Point de collecte anarchique des déchets ménagers qui aurait dû être éradiqué comme plusieurs autres, suivant les hautes directives du gouvernement dont l'exécution revient à la Mairie de la Ville qui dispose de la compétence exclusive en la matière ainsi que des moyens y afférents. Une fois de plus, la centralisation de ce service soulève la question de la décentralisation effective du service de ramassage des ordures dans la cité capitale. Une cause défendue à cor et à cri par le Maire Jacques Yoki Onana dont le magistère est marqué du sceau de l'hygiène et de la propreté dans les 24 quartiers et villages de la Commune d'Arrondissement de Yaoundé 6e.

La décentralisation au Cameroun est un processus par lequel l’État transfert des compétences particulières et des moyens financiers ou matériels aux collectivités territoriales décentralisées (les communes et les régions). Son but est de promouvoir le développement local, la démocratie participative et la bonne gouvernance auprès des citoyens. Les bases légales et institutionnelles de cette disposition sont formelles. La Constitution de 1996 consacre officiellement le Cameroun comme un État unitaire décentralisé. Les lois de 2004 fixent les règles régissant le transfert des compétences et des ressources de l’État aux communes et aux régions. Le code général des collectivités territoriales décentralisées (CTD) de 2019 renforce ce processus en clarifiant les attributions, en introduisant un statut spécial pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest, et en fixant l’affectation d’une fraction des recettes de l’État aux CTD.

Les communes, gérées par un maire et un conseil municipal, s’occupent des besoins immédiats de proximité (état civil, voirie communale de base, écoles maternelles et primaires publiques, assainissement des marchés). Les régions, dirigées par un conseil régional et un président de région, planifient et coordonnent le développement économique, social, sanitaire, culturel et sportif à l’échelle régionale.

Le transfert effectif des ressources, notamment le passage des compétences, s’accompagne parfois des difficultés financières pour doter les municipalités et les régions des budgets adéquats promis par l’État. Pour une réelle autonomie locale, il faut trouver un équilibre entre le contrôle exercé par les représentants du pouvoir (préfets, gouverneurs) et la libre administration des autorités locales élues.