Actualités of Sunday, 17 May 2026
Source: www.camerounweb.com
Invité de l'émission Dash Talk sur Dash Media, Simon-Pierre Mahend Essome a livré un réquisitoire sans concession contre l'opération Épervier, le dispositif de lutte contre la corruption mis en place au Cameroun depuis 2006. « Les Camerounais ne font plus confiance à l'opération Épervier », a-t-il déclaré, estimant que cette unité spéciale « n'arrête que les poussins » et épargne « les coqs ou les poules ».
L'information : Près de vingt ans après sa création, l'opération Épervier est sévèrement critiquée. Sur le plateau de Dash Talk, Simon-Pierre Mahend Essome a dressé un bilan amer : « L'opération Épervier n'arrête que les poussins. L'opération Épervier n'arrête pas les coqs ou les poules. » Une métaphore pour dénoncer ce qu'il perçoit comme une justice à deux vitesses, où les petites mains de la corruption sont sanctionnées tandis que les gros poissons restent intouchables.
Retour sur l'opération Épervier : Créée en 2006 par le président Paul Biya, l'opération Épervier est une cellule spéciale de lutte contre la corruption placée sous l'autorité de la présidence de la République. Dotée d'enquêteurs et de magistrats, elle a pour mission de traquer les détournements de fonds publics, la corruption et les infractions économiques. À ses débuts, elle a suscité de grands espoirs et a conduit à plusieurs arrestations très médiatisées.
Des résultats contrastés : Vingt ans plus tard, le bilan de l'opération Épervier divise. Ses partisans soulignent la récupération de milliards de francs CFA détournés et la condamnation de plusieurs hauts fonctionnaires. Ses détracteurs dénoncent une opération qui n'a jamais réellement inquiété les plus hautes sphères du pouvoir. « Les Camerounais ne font plus confiance », résume Simon-Pierre Mahend Essome, écho d'un sentiment répandu dans l'opinion.
Les « coqs » et les « poules » : Derrière sa métaphore, l'invité de Dash Talk vise les personnalités influentes qui, selon lui, bénéficient d'une forme d'immunité de fait. La corruption au Cameroun reste un fléau endémique. L'Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International place régulièrement le pays parmi les plus corrompus au monde. Les promesses répétées de lutte n'ont jamais vraiment inversé la tendance.
Une défiance populaire : Les propos de Simon-Pierre Mahend Essome traduisent une lassitude généralisée. Après vingt ans d'existence, l'opération Épervier est perçue par une partie de l'opinion comme un outil de répression sélective, utile contre les petits délinquants mais inefficace face aux grands prédateurs. « Les Camerounais ne font plus confiance », a-t-il martelé, appelant implicitement à une refonte en profondeur du dispositif.