Actualités of Tuesday, 8 September 2026
Source: www.camerounweb.com
Dans le contentieux financier autour du complexe sportif d’Olembe, une audience arbitrale entre l’État du Cameroun et l’entreprise italienne Piccini est annoncée devant le CIRDI à Washington du 12 au 16 octobre 2026. Le coût du projet, initialement estimé à 163 milliards de FCFA, est porté à 218 milliards, tandis que Piccini réclame environ 250 milliards et Magil 17 milliards supplémentaires.
Le scandale du complexe sportif d’Olembe s'invite en octobre 2026 devant les juridictions internationales. Procès prévu du 12 au 16 octobre 2026 à Washington aux USA. De 163 à 218 milliards de FCFA… et potentiellement 267 milliards à payer : comment le projet d’Olembe est-il devenu un gouffre financier ?
Du 12 au 16 Octobre 2026, se tiendra à Washington DC devant le CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements) une audience tenant lieu d'arbitrage international entre Piccini et l'État du Cameroun. L'entreprise italienne exige du Cameroun, le paiement de la bagatelle somme de CFA 250 milliards pour rupture abusive de contrat. Le tribunal arbitral dirigé par le suisse Matthias Scherer pourrait condamner le Cameroun à verser aux italiens une somme colossale. Une épée de Damoclès pèse sur les fonds publics camerounais. Ce qui remet au goût du jour un énième scandale financier au Cameroun.
Le complexe sportif d’Olembe, présenté comme l’une des infrastructures sportives les plus chères d'Afrique et la 3e au monde n’en finit plus de susciter des interrogations. À l’origine, le projet devait coûter 163 milliards de FCFA. Aujourd’hui, le coût de réalisation annoncé par le gouvernement atteint 218 milliards de FCFA à l'État du Cameroun. Entre-temps, l’entreprise italienne Piccini, initialement chargée du chantier, réclame environ 250 milliards de FCFA au Cameroun devant le CIRDI, tandis que Magil, appelée à la rescousse après la rupture du contrat avec Piccini, réclame à son tour environ 17 milliards de FCFA. Au total, les réclamations des deux entreprises atteignent environ 267 milliards de FCFA.
Au départ : un contrat de 163 milliards de FCFA
En 2015, le Cameroun confie à la société italienne Piccini la réalisation du complexe sportif d’Olembe. Le contrat initial est évalué à environ 163 milliards de FCFA. Le financement repose notamment sur deux emprunts :
-138,538 milliards de FCFA auprès d’Intesa Sanpaolo, une banque italienne ;
-24,5 milliards de FCFA auprès d’UBA.
Soit un financement initial d’un peu plus de 163 milliards de FCFA. Sur le papier, le cadre financier du projet semble donc clairement défini. Mais les difficultés vont rapidement commencer.
Combien Piccini a-t-elle réellement perçu ?
C’est l’une des premières zones d’ombre du dossier.
Au moment de la résiliation du contrat, le gouvernement camerounais communique le chiffre d’environ 113 milliards de FCFA versés à Piccini. Mais les documents de la Caisse autonome d’amortissement (CAA) font apparaître un autre montant : environ 125,6 milliards de FCFA de financement initial effectivement utilisé.
La CAA détaille notamment :
-101,08 milliards de FCFA auprès d’Intesa Sanpaolo ;
-24,5 milliards de FCFA auprès d’UBA.
Soit un total de 125,58 milliards de FCFA.
Une différence de 12,6 milliards
Nous avons donc :
113 milliards de FCFA selon le chiffre longtemps communiqué par le gouvernement.
Contre 125,6 milliards de FCFA selon les données de la CAA.
Soit une différence d'environ 12,6 milliards de FCFA.
Question légitime : d’où vient cette différence et comment l’expliquer ? Ce seul écart mérite déjà des explications précises, surtout lorsqu’il s’agit d’un projet financé en grande partie par des emprunts.
Piccini réclame 28 milliards supplémentaires
Comme si les 163 milliards initiaux ne suffisaient pas, Piccini réclame ensuite environ 28 milliards de FCFA supplémentaires au titre de travaux et coûts additionnels.
Parmi les éléments évoqués figurent notamment les coûts liés au transport maritime de certains éléments préfabriqués et matériaux depuis l’Italie.
Le gouvernement camerounais refuse de prendre en charge cette facture supplémentaire. Le désaccord devient alors de plus en plus porofond.
En résumé :
Contrat initial : 163 milliards de FCFA + réclamation supplémentaire de Piccini : 28 milliards de FCFA = 191 milliards de FCFA
Mais le gouvernement dit non. La crise entre les deux parties s’aggrave et le contrat finit par être résilié.
Le contrat Piccini est résilié
Le 29 novembre 2019, le Cameroun résilie le contrat de Piccini.
La justification officielle repose notamment sur les retards dans l’exécution des travaux et les manquements contractuels reprochés à l'entreprise.
Piccini conteste cette décision et soutient, de son côté, que les difficultés du chantier sont notamment liées aux engagements financiers de l'État.
Le conflit est désormais ouvert.
Et le Cameroun doit trouver rapidement une solution pour poursuivre les travaux.
Magil arrive à la rescousse
Après la rupture avec Piccini, le Cameroun fait appel à la société canadienne Magil Construction pour poursuivre l’achèvement du complexe. Un nouveau financement d'environ 55,17 milliards de FCFA est obtenu auprès de Standard Chartered Bank. Mais, là encore, l’histoire ne va pas se dérouler comme prévu. Magil va finalement entrer à son tour en conflit avec l'État camerounais.. Magil réclame à son tour 17 milliards de FCFA
Selon les informations disponibles, Magil aura reçu environ 42 milliards de FCFA dans le cadre de son intervention sur le chantie. L'argument de Magil porte notamment sur des factures impayées et des difficultés financières qui auraient empêché la poursuite normale des travaux. Le Cameroun conteste, lui aussi, la responsabilité qui lui est imputée.
En conclusion, nous nous retrouvons donc dans une situation pour le moins surprenante :
-Piccini quitte le chantier en conflit avec l'État et réclame 250 milliards.
-Puis Magil prend le relais, quitte à son tour le chantier dans un contexte conflictuel et réclame 17 milliards.
Deux entreprises successives, deux contentieux, deux réclamations financières. C'est l'argent public qui trinque. Entretemps, le stade est moribond, ce ne sont que des milliards qui s'apprêtent de nouveau à être dégainés. Pauvre Paul Biya. Au fait....Eto'o dépense vraiment l'argent de l'État.
Lopaire Des Enfants