Actualités of Wednesday, 21 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Nuit des longs couteaux: violente guerre entre Ferdinand Ngoh Ngoh et Louis Paul Motaze, deux prétendants à la succession de Paul Biya

Le SGPR intervient dans le bras de fer opposant le ministre des Finances Louis Paul Motaze au directeur général du Port autonome de Douala

Nouvelle bataille au sommet de l'État. Le Secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, a convoqué ce mercredi 21 janvier à 11 heures précises une réunion d'urgence à la présidence, consacrée aux difficultés liées au scanning des marchandises au Port autonome de Douala (PAD). Un conflit qui paralyse actuellement l'activité portuaire, avec des centaines de conteneurs bloqués.

Selon nos informations, ce blocage trouve son origine dans un désaccord profond entre le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, et le directeur général du Port autonome de Douala, Cyrus Ngo'o Minta, sur le choix de la société chargée du scanning des conteneurs.

Le DG du port aurait en effet recruté une nouvelle société pour assurer cette prestation stratégique, écartant ainsi la Société générale de surveillance (SGS), qui travaille habituellement avec le gouvernement camerounais dans le cadre des opérations de contrôle douanier et de vérification des marchandises.
Face à cette décision unilatérale, le ministre des Finances a fermement demandé à Cyrus Ngo'o de maintenir SGS dans ses fonctions. Mais le directeur du port aurait refusé de s'exécuter et se serait tourné vers Ferdinand Ngoh Ngoh, l'homme fort de la présidence de la République, pour obtenir son soutien.

Selon des sources bien informées, Louis Paul Motaze a adressé des instructions sans équivoque à la Direction générale des Douanes : aucun conteneur ne doit sortir du port s'il n'est pas scanné par SGS. Une directive qui place le directeur général du PAD dans une situation délicate et qui explique le blocage actuel des marchandises.


Cette fermeté du ministre des Finances s'inscrit dans le cadre de la lutte contre la fraude douanière et la sous-évaluation des marchandises, deux fléaux qui privent le Trésor public de recettes fiscales considérables. SGS, en tant que prestataire historique et agréé par l'État, offre des garanties de fiabilité et de traçabilité que le ministère ne souhaite visiblement pas remettre en cause.

En convoquant cette réunion d'urgence à la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh endosse une fois de plus son rôle d'arbitre des conflits interministériels et institutionnels. Le SGPR, réputé pour son influence considérable au sein de l'appareil d'État, devra trancher entre les positions du ministre des Finances et celles du directeur du port.

Cette intervention témoigne également de la persistance des tensions entre Ferdinand Ngoh Ngoh et Louis Paul Motaze, deux figures de proue du régime dont les rapports sont régulièrement marqués par des divergences sur la gestion des dossiers économiques et financiers.

En attendant l'issue de cette réunion, les opérateurs économiques subissent de plein fouet les conséquences de ce bras de fer. Des centaines de conteneurs restent bloqués au port de Douala, entraînant des surcoûts importants (frais de stationnement, retards de livraison, perte de marchandises périssables) et une désorganisation de la chaîne logistique nationale.

Cette situation rappelle une fois de plus les dysfonctionnements structurels qui minent la compétitivité du port de Douala, pourtant poumon économique du Cameroun et porte d'entrée des marchandises pour plusieurs pays enclavés de la sous-région.