Le journal l'Indépendant (parution n°1051) fait bien de le dévoiler. L'affaire entre Jessica Edima et Kimmy Crush a tellement choqué la toile. Pendant des jours et des semaines, les deux jeunes compatriotes ont fait parler d'elles. Toute leur intimité s'est retrouvée sur les réseaux sociaux, les concernées étant en pleines parties de plaisir avec des hommes au lit.
Tout bascule le 21 juillet 2026, lorsque l'influenceuse Kimmy Crush accuse publiquement Jessica Edima (Anne Essonne Edima de son vrai nom) d'exercer dans le proxénétisme de luxe. Entre allusions aux « nattes ministérielles », voyages somptueux et soirées privées, les noms de ministres, députés et préfets s'invitent au cœur de la polémique.
Bien après, Jessica Edima va fermement démentir et évoquer une simple passion pour la décoration intérieure. Mais les « archives » publiées par Kimmy Crush et les révélations du journaliste Bruno Bidjang vont embraser la toile.
Entre rumeurs de test VIH rendu public, faux ou vrai avis de recherche de la police judiciaire, tout y passe. Sous la pression, les deux influenceuses font volte-face et prétendent qu'il s'agissait d'une mise en scène pour « sensibiliser la jeunesse ». Une explication jugée absurde par une opinion publique convaincue que le jeu a simplement échappé à ses créatrices.
L'affaire va prendre une telle ampleur que le gouvernement est sorti de son silence. Dans un communiqué rendu public, le ministre de la Promotion de la femme et de la Famille exprime sa profonde préoccupation face à la recrudescence de comportements contraires à l'éthique ainsi qu'aux valeurs sociales et familiales, observés chez certaines jeunes filles. Le communiqué évoque notamment la publication de contenus faisant l'apologie de la consommation de substances nocives, de la recherche du gain facile et de la dépravation des mœurs, contribuant, selon le ministre, à banaliser la violence et l'immoralité.
En condamnant toutes les formes d'abus à l'égard des femmes et des filles, le ministre appelle les jeunes filles à une prise de conscience et invite les parents à renforcer leur rôle dans la protection et l'encadrement de leurs enfants. Le communiqué rappelle également que le 116, ligne verte d'assistance aux enfants, reste disponible pour le signalement des cas d'abus.
Il met aussi en avant la campagne numérique « Je protège l'enfant partout, fais de même », qui encourage chacun à contribuer à la protection de l'enfance. « Protéger une fille, c'est construire le Cameroun de demain », conclut le communiqué.
De son côté, l'écrivaine Marthe Cécile Micca appellera les jeunes filles à préserver leur dignité. Aujourd'hui, l'exaspération est générale et le rejet des internautes est massif face à ce qui ressemble à un naufrage médiatique pour les deux femmes.
Note de la rédaction de CamerounWeb, un détail a échappé au grand public. Il est lié à la sortie de la ministre. Dans le communiqué officiel, le département gouvernemental semble condamner, avec des mots voilés, les autorités qui font appel à ces jeunes filles. Ce sont eux, peut-on comprendre dans la note, qui les entraîne sur cette voie. En demandant de dénoncer les abus, c'est une « façon à elle (à la ministre, ndlr) d'inviter les jeunes à signaler les approches des personnalités sans nommément les citer », nous explique un spécialiste en communication. À bien y penser, ce n'est pas assez illogique.









