Actualités of Tuesday, 6 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Nouveau rebondissement: Ferdinand Ngoh Ngoh ne lache pas Louis-Paul Motaze

Après le rachat controversé d'Eneo, devenu Socadel pour 78 milliards de FCFA, l'État camerounais s'apprête à avaler un nouveau géant de l'énergie : Globeleq, qui contrôle près de 20 % des capacités énergétiques du pays à travers les centrales de Kribi (216 MW) et de Dibamba (88 MW). Mais l'opération révèle un bras de fer au sommet de l'État. Deux montages financiers s'opposent : celui du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, évalué à 112 milliards de FCFA, et celui soutenu par la présidence de la République et le PCA de Socadel, Antoine Tsimi, chiffré à 90 milliards. Une différence de 22 milliards pour la même acquisition. Le SGPR, Ferdinand Ngoh Ngoh, entend désormais contrôler le processus, après avoir laissé passer le « flop » Socadel. Une question demeure : pourquoi un tel écart de coût ?





Rachat de Globeleq par le Cameroun : Ngoh Ngoh garde le ministre des Finances à l’œil après

le flop sur Socadel
Après le rachat d’Eneo, devenue Socadel, l’État travaille depuis plusieurs mois sur une nouvelle acquisition : Globeleq. Cette structure contrôle près de 20 % des capacités énergétiques du pays. Elle exploite, à travers KPDC, la centrale à gaz de Kribi, d’une capacité de production de 216 MW, tandis que DPDC contrôle la centrale à fioul lourd de Dibamba, d’une capacité de 88 MW.
Le SGPR ne compte plus se limiter à la transmission des instructions relatives aux hautes décisions du président de la République concernant la nationalisation. Il entend désormais contrôler le processus.
Lors du rachat d’Eneo, l’opération finalisée par les ministres des Finances et de l’Eau et de l’Énergie avait suscité de vives réactions dans les milieux financiers, certains s’interrogeant sur le montant de 78 milliards de FCFA déboursé pour le rachat d’une entreprise de commercialisation traînant derrière elle une dette de plus de 800 milliards de FCFA.
Dans le cas de l’acquisition de Globeleq, l’État cherche à acquérir les 56 % des parts que détient encore cette structure dans les deux centrales de Kribi et de Dibamba.
Deux montages financiers s’opposent. Le premier est proposé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, avec l’appui du ministre de l’Eau et de l’Énergie. Le second est défendu par le PCA de Socadel, qui aurait refusé de soumettre le montage proposé par le ministre des Finances lors du conseil d’administration.
Le PCA de Socadel, Antoine Tsimi, bénéficierait du soutien de la présidence de la République.
Contrairement au ministre des Finances, qui propose un endettement de l’État avec une acquisition progressive, une dette qui serait ensuite portée par Socadel, la présidence de la République privilégierait un rachat direct via le Trésor public, avec l’appui technique de Socadel.
En février 2026, 78 milliards de FCFA auraient ainsi été reversés au fonds Actis via le Trésor public pour racheter ses 51 % de parts.
Le montage proposé par le ministre des Finances serait-il lié aux tensions de trésorerie de l’État ? Les caisses seraient-elles à ce point sous pression ? Dos au mur, c’est peut-être face à ces contraintes que certaines réalités économiques commencent à apparaître au grand jour.
Mais une question demeure : quelle explication donner à cette différence de coût entre les deux montages ?
Différence de coût
Alors que le montage financier proposé par le ministre des Finances est évalué à 112 milliards de FCFA, celui soutenu par la présidence de la République et le PCA de Socadel serait de 90 milliards de FCFA.
Soit une différence de 22 milliards de FCFA.
Pourquoi un tel écart pour une même opération d’acquisition ? C’est toute la question.
En attendant d’y voir plus clair, prions le Seigneur, car ces entreprises, bien que rachetées par l’État, pourraient se retrouver exposées aux créanciers si jamais le pays devait tomber sous le coup de nouveaux programmes d’ajustement et de fortes contraintes budgétaires.
Albin Michel Njilo