Actualités of Tuesday, 4 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Nomination du Vice-Président Déclaration officielle sur la CRTV

Au lendemain de l'interview accordée à RFI par le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, la chaîne publique CRTV s'est à son tour emparée du sujet lors de son journal de 20h30. Dans un échange avec le présentateur Franck Evina, la journaliste Evelyne Mengue a livré une analyse qui, sous des dehors mesurés, laisse entrevoir ce qui pourrait bien être un premier décryptage officieux des critères présidés à la désignation du futur vice-président de la République.



Interrogée par Franck Evina sur la possibilité d'empêcher les spéculations entourant le profil du futur vice-président, Evelyne Mengue a d'abord rappelé, dans un premier temps, que tous les fils et filles du Cameroun pouvaient légitimement aspirer à occuper cette fonction, sans a priori. Une déclaration de principe conforme à la ligne officielle de neutralité que le pouvoir affiche généralement sur ce type de nomination.

Mais c'est la suite de son intervention qui mérite une attention particulière. La journaliste a en effet pris soin de souligner que les propos tenus quelques heures plus tôt par René Emmanuel Sadi ne devaient « pas être pris à la légère », insistant sur le fait que le porte-parole du gouvernement est, selon ses propres mots, « un homme du sérail ». Une formule qui, venant d'une chroniqueuse du service public, revient à suggérer que les mots du ministre pourraient constituer bien davantage qu'une simple communication institutionnelle de routine.

L'expérience, un critère qui restreint le champ des possibles

L'élément le plus significatif de cette intervention tient à l'insistance d'Evelyne Mengue sur la notion d'expérience, qu'elle présente comme une qualité déterminante compte tenu, selon elle, de la complexité et de la diversité propres au Cameroun. En reprenant et en amplifiant ainsi l'accent mis par René Emmanuel Sadi sur ce critère lors de son interview à RFI, la journaliste de la CRTV semble transformer ce qui aurait pu passer pour une simple figure de style ministérielle en un véritable signal politique.

Ce faisant, l'analyse livrée sur le service public tend, qu'elle le veuille ou non, à resserrer le champ des prétendants plausibles autour de profils confirmés, rompus aux arcanes du pouvoir, plutôt qu'autour de figures plus jeunes ou moins aguerries à la gestion des équilibres régionaux et communautaires du pays.



Que ce commentaire relève d'une lecture personnelle de la journaliste ou d'une consigne éditoriale plus large reste, à ce stade, impossible à établir avec certitude. Il n'en demeure pas moins que la convergence entre les propos du porte-parole du gouvernement sur RFI le matin et leur relecture appuyée sur la chaîne publique le soir même constitue, pour les observateurs de la vie politique camerounaise, un indice qui mérite d'être suivi de près dans les prochaines semaines, à mesure que le dossier de la vice-présidence continuera d'alimenter les spéculations.