Le Comité permanent de lutte contre le commerce illicite des produits pharmaceutiques a procédé à Ngaoundéré à la destruction de six tonnes de médicaments prohibés. Parmi eux figuraient comprimés, solutés, injectables et une cargaison de tramadol évaluée à sept millions de F CFA.
Les produits avaient été saisis auprès de vendeurs ambulants lors d’opérations associant police, gendarmerie et douanes. La destruction évite leur remise en circulation, mais elle ne clôt pas l’enquête. L’origine des lots, les grossistes, les itinéraires et les complicités éventuelles déterminent la capacité à démanteler le réseau.
Un médicament falsifié peut contenir trop peu, trop ou aucun principe actif. Un produit authentique, mais conservé hors des conditions requises, peut aussi devenir dangereux. Le consommateur est exposé à l’échec thérapeutique, à l’intoxication et, pour certains anti-infectieux, à une résistance accrue.
Le marché parallèle prospère sur plusieurs failles : prix élevés, ruptures de stock, distance jusqu’aux pharmacies et confiance accordée au vendeur de proximité. La répression doit donc être accompagnée d’une meilleure disponibilité des produits essentiels, de contrôles de traçabilité et d’une information simple sur les points de vente autorisés.
Le volume détruit est spectaculaire ; le bilan durable sera moins visible. Il faudra suivre les poursuites, les sanctions administratives et la baisse réelle de l’offre illicite. Publier ces résultats renforcerait la crédibilité des opérations et la vigilance des patients.









