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Actualités Régionales of Friday, 12 November 2021

Source: La Nouvelle Expression

NOSO: la guerre se déporte dans les amphithéâtres

Un engin explosif a explosé mercredi 10 novembre 2021 au sein de l’amphi 600 de l’université de Buea Un engin explosif a explosé mercredi 10 novembre 2021 au sein de l’amphi 600 de l’université de Buea

Un engin explosif a explosé mercredi 10 novembre 2021 au sein de l’amphi 600 de l’université de Buea blessant au passage onze étudiants. La situation inquiète des milliers d’étudiants qui ont pour certains déjà abandonné les amphithéâtres.

Les cours ont bel et bien repris au campus de l’université de Buea à Molyko hier jeudi 11 novembre 2021. Malgré l’incident qui s’est déroulé dans cette université de la ville de Buea le mercredi 10 novembre 2021, les étudiants, les enseignants se sont défaits de leur phobie pour reprendre le chemin des amphis. Il faut cependant constater que ce retour après la perturbation de la veille était timide. Car tous les étudiants n’y ont pas répondu présents.

Certains comme Anne T sont rapidement rentrés en famille question de laisser passer l’orage. «Dès que la nouvelle de l’explosion s’est répandue, ma mère m’a demandé de rentrer d’abord. C’est pourquoi je suis à Douala. J’étais au Campus quand la bombe a explosé. Je n’étais pas loin de là. Pour vous dire vrai j’ai eu peur. Je ne sais pas si je vais rentrer à l’université maintenant. Je suis sûr que je vais attendre encore quelques jours. C’était vraiment violent. Certaines de mes amies ont été blessées», raconte cette étudiante rencontrée à Douala.

C’est le même refrain que répète Joseph Ambroise, un autre étudiant de l’université de Buea. Absent au moment de cet incident. « Je devais arriver dans la ville de Buea hier (mercredi). J’ai tout simplement traîné. Quand nous avons appris la nouvelle de la bombe, ma mère m’a demandé d’attendre un peu. C’est peut être lundi prochain que je prendrais la route» affirme-t-il

En effet, l’attentat à la bombe qui a perturbé sérieusement les cours à l’université de Buea mercredi dernier a créé un sentiment de phobie générale chez les enseignants comme les étudiants. Beaucoup d’entre eux craignent de reprendre les cours par peur pour leur vie. Avec la montée en puissance de la violence dans cette ville de l’arrondissement du Fako pourtant calme depuis quelques mois, ces derniers craignent d’être attaqués. Ou d’être des victimes collatérales de cette guerre qui paralyse les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Comme ces deux étudiants, nombreux sont les étudiants de l’université de Buea qui ont quitté les amphis par peur pour leur vie. Effrayés par ce qui s’est passé au sein de ce campus mercredi 10 novembre 2021, ces derniers ont décidé d’aller gérer leur stress loin du campus. Une chose qui va perturber sérieusement leur année académique et forcément les résultats en fin d’année.

Selon des informations, le mercredi
10 novembre 2021 pendant que les étudiants étaient en plein cours,’ un individu non identifié a balancé une bombe artisanale au sein de l’amphi 600 de l’université de Buea. Dans son explosion, la bombe a causé beaucoup de dégâts matériels et blessé plusieurs étudiants. Si par un heureux hasard.

Il n’y a pas eu de mort dans cette explosion, il faut du moins rappeler que cela a créé une panique générale au sein de l’université de Douala. Beaucoup d’étudiants par peur pour leur vie ont quitté le campus et certains la ville.

Il faut dire que c’est la troisième fois que l’on enregistre les attentats à la bombe artisanale en pleine ville à Buea en espace d’une semaine. La deuxième qui s’est déroulée lundi dernier au carrefour Molyko avait entraîné la mort d’un taximan Mfeugang Baudelaire, âgé de 33ans. La première avait eu lieu le week-end dernier.

Viol du droit à l’éducation
Si cet attentat au sein de l’université de Buea vient démontrer la montée en puissance de la crise anglophone dans le Sud-Ouest. et davantage le changement de stratégie, des sécessionnistes, il faut du moins dire que l’usage de la bombe artisanale vient créer une phobie générale chez les populations.

D’où cette interpellation du gouverneur de la région du Littoral à l’endroit des populations. «Vous allez laisser que l’on tue vos enfants en masse, Il faut faire quelque chose, il ne faut pas les laisser faire», a martelé Okalia Bilai lors de la réunion d’urgence tenue hier dans ses services avec les autorités sécuritaires et les forces vives de la ville de Buea et de la région du Sud-ouest.

À côté de la promotion d’une phobie générale, il faut dire que l’attentat au sein de l’université de Buea est une violation flagrante du droit à l’éducation des jeunes et étudiants de l’université de Buea. «L’éducation est en soi un droit qui ouvre la voie à l’exercice d’autres droits et c’est l’un des outils les plus puissants qui permette aux enfants et aux adultes marginalisés sur le plan social et économique de s’affranchir de la pauvreté et de participer pleinement à la société», ‘ déclare l’Unesco.

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